Levons l’ancre

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Ça y est, c’est le grand jour ! Après une bonne (mais courte) nuit à bord, l’expérience commence enfin !

Ayant mis des boules Quiès pour pouvoir dormir malgré les ronflements de mes voisins, je me suis réveillée relativement tardivement : 7h30.  Du coup, va pas falloir traîner au petit-déjeuner car nous sommes tous attendus à 8h dans le grand roof pour l’accueil officiel.

C’est le commandant qui nous reçoit et nous présente l’équipage. Avec son second, ils nous font aussi un énoncé sur le rythme et les règles de vie à bord. La réunion se termine par la distribution des mugs. Chacun à le sien pour la durée de la traversée (pas de verre, ni de tasse à bord – pour les stagiaires en tous cas). Au cul de celui-ci est marqué notre numéro à bord. Ce numéro défini notre bannette (du coup, ceux qui comme moi avaient embarqué la veille au soir le connaissait déjà), notre placard, notre tiers, notre service et notre canot de sauvetage.

Pour faire simple notre tiers nous donne nos heures… de quart. C’est à dire les heures où nous sommes de service pour les manœuvres du bateau, alors que notre service nous donne les horaires où nous devons gérer les tâches relatives au repas. Rassurez-vous il y a à bord deux très bons cuistots pour faire les repas. Nous sommes seulement chargés de faire la navette des plats entre la cuisine (sur le pont) et la batterie (notre salle commune située sous le pont), et de gérer couvert et vaisselle.

Si l’histoire des tiers est logique puisque nous sommes répartis en trois groupes, celle des quarts l’est un peu moins. En effet la journée à bord est divisée en 7 quarts pour les stagiaires (minuit-4h/4h-8h/8h-12h/12h-15h/15-18h/18-20h/20h-minuit) et six pour l’équipage (04/4-8/8-12/12-16/16-20/20-0) ! Ce qui fait que chaque jour, notre horaire de quart se décalait d’un cran tandis que celui de l’équipage est fixe. L’avantage pour nous est de varier les plaisirs ; l’avantage pour eux est la simplicité d’organisation. NB : Je découvrirais plus tard que le quart est également une unité d’orientation égale à 11.15°. Ainsi quand on signale un bateau à « 2 quarts babord avant », c’est qu’il est à 11h.

Bref, une fois qu’on nous avait exposé ces principes de base, nous avons été priés de nous rendre sur le spardeck (le pont central supérieur) pour les exercices d’abandon de navire (en gros, tu repères ton canot et tu enfiles un gilet de sauvetage).

Avec tout ça nous avons levé l’ancre à 10h. A 10h30 j’étais barbouillée, à 11h j’étais malade. Pendant que se déroulaient les premiers cours d’initiation, je n’avais qu’une pensée : où déverser le contenu de mon estomac… Je me suis donc écartée du groupe à la recherche d’un peu d’aide. Le cuistot m’a dit d’aller voir le commandant qui s’est bien moquée de moi quand je lui ai dit ce que le médecin m’avait prescrit contre le mal de mer. Puis j’ai gentillement était priée de me soulager par dessus bord « sous le vent », c’est-a-dire du coté du bateau qui n’est pas exposé « au vent ». Je n’avais encore aucune idée de ce que cela signifiait, bien que si j’avais été en état de connecter deux neurones, j’aurais quand  même pu comprendre. Mais n’étant plus vraiment en état de réfléchir, je me suis contenter de me laisser mener là où il fallait.

Finalement, shooter au mer calme de la pharmacie de bord, j’ai passé l’essentiel de la journée à dormir (et vomir). L’équipage a bien tenté de me faire manger des bananes, car « ça tient au corps » et c’est le seul aliment qui a « le même gout quand ça rentre et quand ça sort ». Glamour quand tu nous tient…

Evidemment pour rendre les choses plus fun, j’étais de service pour le dîner. Mes compagnons de infortune, à qui mon état n’avait pas échappé, avaient prévu mon remplacement. Disons qu’ils ont été plus clairvoyants que moi, car étant plus ou moins opérationnelle l’heure précédent le repas, je me disais que j’allais pouvoir assurer. Malheureusement, à peine redescendue dans la batterie pour mettre le couvert, j’ai du remonter pour leur dire, qu’effectivement, ça n’allait pas le faire. Bilan des courses : quand ils sont passés à table, j’ai été me recoucher pour la nuit.

Le plus étrange dans cette journée, c’est que je ne l’ai pas mal vécue. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre vis-à-vis du mal de mer. Et bah, maintenant je sais ! J’ai pris cette expérience en me disant que justement cela en était une et que cela faisait partie de l’aventure. Ce qui m’a également aidé à positiver, c’est le fait que l’équipage m’ait répété en continue que le mal de mer passait au bout de 24h. Je me suis donc accroché à ce précepte en me disant « ça ira mieux demain ». Il m’en restait encore 4 journée à vivre à bord…

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