La vie en mer (ter) : Terre !

Ma gestion de ce blog est très dilettante. Nous voilà en 2017 et je n’ai toujours pas fini mon récit d’aventure sur le Belem qui date tout de même de Juillet 2016…

Voici donc :

Mercredi, jour 3 (+1).

Si vous avez lu les articles précédents (1, 2, 3, 4, 5, 6), vous commencez à connaître la chanson. Pourtant même si tous les jours se ressemblent, il y a toujours un ou deux événements pour marquer la journée.

Et ce jour-là à été relativement animé. Nous n’avions pas vu la terre depuis le dimanche matin et en étions totalement déconnectés. « Déconnectés » est à prendre dans tous les sens du terme puisque notre première reconnexion s’est faite de façon numérique !

Nous étions tous attablés pour le petit dèj quand un premier « bip » a retenti. Puis un second. Enfin, ce fut toute une série de sonneries et vibrations ! Après un court temps d’incrédulité, nous avons capté ce qu’il se passait. Justement : nous captions !

Après 3 jours de silence complet, nos smartphones se réveillaient de leur hibernation ( immernation ?). Ces petites bêtes technologiques ont réalisé avant nous que nous approchions de la terre.

En quelques minutes il y eu une grande agitation. Même ceux qui ne sont pas du matin se sont réveillés très vite : tout le monde sur le pont ! (et tant pis pour le petit dèj…)

Pour voir la terre ou pour mieux capter ? J’avoue que je ne suis pas sûre des priorités de tous… Car y’a pas à dire, mais en bons occidentaux du XXIème nous sommes bien accros aux réseaux. Et après (seulement) 3 jours, beaucoup étaient en manque. Il y a eu comme un effet fin de régime : ça y est nous étions libéréééés, délivréééés !

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Personnellement j’ai été envahie de sentiments contradictoires. D’abord de la joie. Genre ça y est on a réussi ! On voit la ligne d’arrivée ! Puis de la tristesse : ça y est l’aventure est finie (Capri, c’est fini…). Ensuite de l’impatience : que s’est-il passé pendant ces 3-4 jours ? C’est pas que je suis une fan de l’actualité (inter)nationnale, non, c’est juste que j’avais hâte de savoir si ma nièce avait pointée le bout de son nez !!!

Malheureusement, être connectée, c’est recevoir les bonnes nouvelles mais aussi les mauvaises. Alors oui ma nièce était bien arrivée, mais ma sœur a failli y restée a été bien éprouvée par l’événement. L’heureuse nouvelle a donc été vite tempérée et j’ai immédiatement ressenti le besoin de téléphoner à ma sœur pour me rassurer avoir de ses nouvelles. Et là, évidement, ce satané réseau s’était fait la malle.  Il nous avait un petit coucou en passant, histoire de balancer les textos, sms et mails qu’ils n’avait pas pu livrer ces derniers jours mais pour le reste : Tchao ! J’ai donc passé plus d’une heure, angoissée, avant que nous ayons approchés un peu plus les côtes pour pouvoir captés suffisamment et passer un appel. (Bon, finalement, en me réveillant 36h après la bataille, j’ai pu apprendre que ma sœur était en phase de récupération et que tout rentrait dans l’ordre. Contrairement à ceux restés à terre je n’aurais eu qu’une paire d’heures d’inquiétude et un grand moment de solitude.)

SI le réseaux était aussi faiblard, c’est que la terre (qui n’était finalement pas encore en vue), n’était pas encore le continent mais seulement une île : Belle-île. Il était prévu que nous mouillions à son large en fin d’après-midi pour y faire escale et passer la nuit.

Pour calmer notre impatience, contrer le sentiment de nostalgie qui commençait à poindre à bord et fêter notre aventure ensemble, le capitaine nous à fait une surprise : Apéro ! En bons marins, un petit coup de rhum ça fait du bien (vive les clichés!).

D’autant plus que le sevrage n’a pas été que numérique et que certains moussaillons ont regretté que les bons petits plats des cuistots n’aient pas de vins pour les accompagner. En effet, pour des raisons de sécurité, il n’y a pas d’alcool à bord. Enfin, comme vous l’aurez compris, ceci est une version officielle servie aux touristes stagiaires avant d’embarquer. Car, on est d’accord,  ce punch, il ne s’est pas fait avec des bouteilles fraîchement pêchées ? Et puis, de tout façon on se doutaient que l’équipage n’avait pas un traitement si drastique : nous avions l’œil, et l’équipage s’est trahi par sa négligence. Suite à un quart de nuit (où ils ont dû profiter que tous les stagiaires roupillaient) ils semblent s’être fait plaisir (sans nous) car, au matin, nous avons découvert un tire-bouchon au pied d’un mât !

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Anonymat.. Quelqu’un à parler d’anonymat sur ce blog ? Me souvient plus. (Bon, il est possible que certains articles aient, du coup, disparus.)

Bref, n’oublions pas l’événement du jour : Terre ! Nous avons donc fini par mettre pied à terre. Un petit tour de zodiac pour nous livrer à bon port. Celui du Palais précisément :

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Et là, oh surprise, moi qui avait fini par avoir le pied marin après 24h à vouloir me jeter par dessus bord, vomir mes tripes, être légèrement incommodée, voilà pas que je découvre une nouvelle sensation : le mal de terre !

Késako le mal de terre ? Vous ne connaissez pas ? A bah, moi non plus je ne connaissais pas. Mais c’est chose faite ! Le mal de terre c’est comme le mal de mer. C’est à dire qu’une fois que ton corps à capter que sur un bateau ça bouge tout le temps, il ne comprend plus pourquoi sur terre ça ne bouge plus. Résultat : nausées et vertiges sont de retour.. Enfin heureusement (ou pas – j’en reparlerai plus tard) pour moi, j’ai eu une version plus soft qu’à bord. Pas vraiment de nausées, juste de vertiges. Et seulement à l’arrêt. Tant que je bouge (marche, danse, saute), ça va. C’est comme à bord : la partie du ciboulot qui gère l’équilibre s’amuse et tout roule. Par contre quand je pose, genre vautrée dans un fauteuil en terrasse pour apprécier un verre avec vu sur mer, bah là, ça va plus. C’est trop calme apparemment donc tes capteurs sont perdus et ont décidés que si, si, ça bouge toujours. Alors toi tu tangues. Le verre en question n’était qu’un verre de jus de fruit, et pourtant, j’avais l’impression d’être totalement saoule ! Et à chaque arrêt, cette sensation revenait. Ainsi, je n’ai jamais réussi à lire l’ode aux marins disparus en mer gravée sur la stèle mémorial…

La soirée passant, nous sommes retournés à bord pour notre dernière nuit sur le Belem. Noter que je me sentais de nouveau comme un poisson dans l’eau une fois le plancher des vaches quitté.

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Je vous laisse sur cette image…floue (mais de nuit, sur un zodiac à pleine vitesse, on fait se qu’on peut) et revient finir très vite mon expérience de mousse.

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