La vie en mer (fin) : Retour au port

Jeudi. Cinquième et dernier jour. Si vous avez loupé le début de l’histoire (c’est ici, , aussi ou encore ici,  ici et )

La fin se fait sentir. Déjà il n’y a pas la surprise de connaître notre position. On le sait, puisqu’on a passé la nuit au mouillage : à Belle-île. Notre destination : Lorient. Arrivée prévue à 16h. Activité du jour : Paquetage.

On lève les voiles vers 10h, après un dernier petit dèj (aujourd’hui beaucoup de choses auront un goût de dernière fois). On vaque aux occupations devenues habituelles sur le bateau. Le Commandant Péry nous fait un speech d’au revoir avec un récap de notre expédition. Pour lui aussi ça sent la fin. C’est l’une des ses dernières navigations à bord de Belem avant de raccrocher (ou décrocher ?).

Le déjeuner se fait à la va-vite. On a tous envie de passer les dernières heures qui nous restent sur le pont. En plus, il fait beau et bon. On savoure. l’ambiance est bon enfant. Les musiciens sortent leur instrument et poussent la chansonnette. Des chansons de marins évidement…

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Et puis soudain se fait entendre « les filles de Lorient ». Moment d’émotion car j’en suis une, de fille de Lorient. Je suis même la seule à bord. Alors quand tous les moussaillons vieux de loup de mer avec qui j’ai partagé ces derniers jours se tournent vers moi et, avec leur vois de basse, entonnent tous ensemble ce chant, j’en ai eu la chair de poule et la larme à l’œil. Et oui, je suis une sensible…

Nous avons quittons Belle-île, en direction de Groix. Dans l’idée d’approcher Lorient toutes voiles dehors en longeant Guidel, Ploemeur et Larmor. Ça fait tout drôle de voir ces plages coté mer, après les avoir fréquentées pendant des années coté terre uniquement.

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Notre arrivée est prévue à Lorient. Lorient, la ville aux cinq ports (enfin six, si on y réfléchi bien : le port militaire, le port de plaisance, le port de pêche, le port de commerce, le port passager et la base sous-marine qui accueille aujourd’hui les bateaux qui font les courses au large).

Pour nous, se sera le port de commerce. Ce qui est logique puisque Belem dépend de la marine marchande. Cependant, il y a peu encore, Belem accostait au port de plaisance : le bassin à flot qui est au cœur de la ville. Et c’était avec joie que les lorientais accueillaient le navire et y recevait leur admiration. Malheureusement ce port n’est aujourd’hui plus suffisamment dragué et le tirant d’eau est devenu insuffisant pour nous recevoir. Nous irons donc à quelques encablures de là pour jeter l’ancre en toute discrétion.

Enfin en toute discrétion, c’est vite dit… Certains sont bien informés et voient les choses venir de loin, comme les gens de l’aéronavale par exemple. L’un de leur vaisseau est venu nous saluer en effectuant passages au-dessus de nos têtes !

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Nous finissons par arrivés, les voiles hissées pour des raisons de sécurité. C’est l’heure des au revoir pour tout le monde. On s’est échangé nos adresses (mails, soyons modernes !) pour pouvoir partager par la suite nos photos.

Nos proches, qui nous attendent, sont invités à monter à bord pour visiter le bateau. Celui-ci sera ouvert au public pour les deux jours où il restera à quai avant de rejoindre le grand rendez-vous de Brest 2016. Encore fallait-il savoir qu’il était là…

Nous débarquons des images, sensations et souvenirs pleins la tête. Et pour beaucoup aussi un livre sous le bras. Celui du Belem, que nous nous sommes dédicacés mutuellement entre compagnons de fortune et sur lequel l’équipage est également venu laisser sa trace.C’est d’ailleurs au moment de prendre la plume sur mon album que le capitaine m’avoua que, partie comme j’étais, il me voyait être malade toute la traversée et que je m’en été bien tirée surement grâce à ma force de caractère. Recevoir un tel compliment du capitaine ça n’a pas prix !

Dans les bagages, nous avons aussi pour la plupart, l’envie de repartir. Il y en a même qui ont réservé leur prochaine navigation avant même de mettre pieds à terre ! Personnellement, j’ai également débarqué avec ce fameux mal de terre entraperçu à Belle-ïle. Mais ce que je ne savais pas encore, c’est que si il est beaucoup moins intense que le mal de mer, il allait être beaucoup plus persistant, puisqu’il m’accompagné plus d’une semaine !

C’est sur ces mots que je termine le récit de mon aventure. Car pour moi s’en fût une. Et si je vous ai donné l’envie de la vivre, vous m’en voyez ravie, tout comme je le suis de l’avoir vécue.

Alors, rembarquerai-je ? Sans aucun doute!

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