Les petits bonheurs de juin

Nouveau mois, nouvelle liste. 30 jours, 30 bonheurs.

Alors, quels sont mes instants sourire de juin ?

  1. Découvrir la vie de château. Enfin, l’imaginer en visitant celui de Versailles, les jardins et Trianons qui vont avec.
  2. M’émerveiller devant la beauté des paysages de nos régions en cette saison et tout particulièrement devant les coquelicots semés au gré du vent.
  3. Ressortir une robe que j’avais faite il y a 10 ans pour des mariages, la remettre, constater qu’elle me va toujours et recevoir des compliments sur ma tenue du jour.
  4. Courir sous une pluie d’orage. 200m, moins d’une minute, se retrouver trempée comme si j’étais passée sous la douche. Se changer dans une voiture dans la limite des deux vêtements à portée de main et être emplie d’une joie enfantine.
  5. Reprendre le boulot après une semaine de vacances pleine d’énergie et abattre une belle quantité de travail.
  6. Un bal de pompiers. Le public était très féminin mais aux vues du spectacle donné, j’ai compris pourquoi…
  7. Un marathon traitement photos suite au shooting du mariage d’un ami. 1335 clichés pris. 761 conservés. 25h de travail de traitement et y prendre du plaisir en se disant que cela devrait en générer en retour.
  8. Les orages de fin de soirées, de façons pas très gentille et assez égoïste, car ils font fuir les bruyants badauds du bar d’été et me garantissent des soirées tranquilles.
  9. Une nouvelle journée de bureaux musicaux qui me permet d’avoir maintenant le mien pour moi toute seule. Mes collègues se réjouissent de ne pas être celles qui est bannie de l’open space mais je moi je savoure de ne plus avoir à supporter leurs nuisances sonores.
  10. Faire des crêpes. Et les manger surtout !
  11. Attaquer les réunions sur site de mon nouveau chantier et en profiter pour rendre visite à d’anciens collègues qui travaillent toujours dans mon ancienne société dont les bureaux sont sur le même boulevard.
  12. Refaire quelques sessions yoga/relaxation et être emplie de bien-être en suivant.
  13. Sentir l’odeur de l’air frais portée par la brise de ces soirées printanières.
  14. Dormir fenêtres ouvertes.
  15. S’entendre dire qu’on a réussi à remonter le moral d’une copine qui traverse une mauvaise passe.
  16. Avoir une ancienne collègue au téléphone qui te dis « je t’ai reconnue à ton sourire« . Je faisais du SAV téléphonique à cette époque. Et on me disait régulièrement qu’on « entendait » mon sourire. J’ai été surprise la première fois mais comme il y en a eu d’autre j’ai fini par me dire que ça devait être vrai. En fait je pense que je suis très expressive, quelque soit l’émotion, que je le veuille ou pas. Du coup même sans l’image, le son reste suffisamment tonique pour exprimer le physique. Je trouve le phénomène surprenant mais je le prends plutôt positivement. Je pense que ça va avec ma franchise et ma sincérité. Mes moyens de communication verbaux et non-verbaux sont raccords !
  17. Avoir comme un écho, quatre jours plus tard : un autre ancien partenaire professionnel avec qui je n’ai pas eu de contact depuis plus de six mois me téléphone et me dit : « ça fait du bien d’entendre ton sourire ». On dirait qu’ils se sont donné le mot !
  18. Recevoir un courrier du ministère de l’intérieur pour me dire que j’avais de nouveau mes 12 points de conduite.
  19. Envoyer un courrier à une entreprise pour lui signifier que je lance la machine pour la virer du chantier et me prendre en retour un compliment du patron me disant qu’il était très bien écrit et qu’il réutilisera certaines formulations. Moi qui m’attendait à me faire pourrir, j’ai été plutôt surprise. Comme quoi même s’il est incompétent, il reste beau joueur.
  20. Se faire surprendre par le retour de l’été.
  21. Traverser la ville a vélo en cette nuit la plus courte de l’année et ressentir la gaîté des nombreuses personnes qui sont là à fêter la musique qui s’élever à chaque coin de rue.
  22. Revoir une ex-collègue partie vivre aux Etats-unis. Décidément mes ancien.ne.s collègues ont bien rempli ce mois !
  23. Prendre une douche à la lueur d’une bougie. Petit bonheur d’autant plus grand que le contexte ne laissait pas présager un moment bien-être.
  24. Finalement poser une semaine de congés en août avec un petit projet de voyage en tête.
  25. Admirer la lune. Tantôt pleine, tantôt rousse, jouant à cache-cache avec les nuages ou encore se reflétant dans la Garonne.IMG_20180626_230512_404.jpg
  26. Tester le nouveau bar « branchouille » de Toulouse. Le service est à perfectionner mais la vue est vraiment sublime et encore plus à l’heure du coucher du soleil. Un vrai moment détente.
  27. Se retrouver à manger des huîtres et des moules sur la place du Capitole, un soir où la Bretagne me donnait du vague à l’âme grave à un marché « local » et bio installé sur la place.
  28. Y manger aussi une glace à la poire à tomber.
  29. Pouvoir rester dehors jusqu’à pas d’heure en étant juste couverte d’une robe légère.
  30. Voir les jours défiler et se dire que chaque en est un de gagné pour la santé de ma nièce bien trop pressée de pointer le bout de son nez. Ce réjouir que le mois de juin soit passer sans son arrivée.

Et vous, quoi de bon aux heures de juin ?

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Belle soirée à vous…

Belle soirée / Belle journée / Beau weekend …

Vous voyez de quoi je parle ? Cette nouvelle tendance qui consiste à remplacer le bon.ne par beau/belle.

Il n’ y a que moi que ça dérange interpelle ?

Ces expressions déboulent dans mon environnement depuis quelques mois, voire année(s). J’avoue ne pas avoir prêter attention au timing de leur apparition.

Surprise les premières fois, je m’y suis vite habituée. Je les trouvais « jolies » (Je ne croyais pas si bien dire…) au départ Je trouvais que la personne qui l’employait faisait un effort de personnalisation d’attention envers son interlocuteur.trice. Et puis…

Et puis, j’ai eu l’impression que ces expressions se sont répandues à une vitesse folle, perdant ainsi le charme de leur différence. Je me suis alors mise à le ressentir comme un phénomène de mode. Or, je ne pense pas qu’il y ait plus impersonnel que la mode. Suivre un mouvement de mode, c’est effacer sa personnalité pour se fondre dans le groupe (pour s’y intégrer diront certains). En fait, cette attitude est un acte égocentrique puisqu’il s’agit d’attirer positivement le regard des autres sur soi pour se faire valoir.

J’en reviens à mes « Belle soirée, belle Journée, beau weekend » qui sont censées être des formules de politesse. De ce fait, elles sont censées être un geste vers l’autre, pour l’autre. Du coup, l’effet mode sur la politesse, cela ne me parait pas vraiment compatible… Et cela a gentiment commencé à m’agacer.

Et puis, hier soir, ce fut la goutte d’eau qui m’a fait déborder : Madame Météo s’y met aussi : « Belle soirée à vous » ! Mais ce débordement a eu pour effet positif de me faire faire « tilt » ! Si Miss Sunshine me souhaite « belle soirée » ce n’est finalement pas la plusmal placée. En effet, on regarde tous (ou presque) son programme en espérant que le temps soit « beau » et non « bon » (demander l’explication de la nuance aux agriculteurs si besoin).

Une langue est un reflet d’une société. Elle évolue avec plus ou moins de rapidité mais de façon constante. J’aurai envie de vous parler de la masculinisation extrême du français au 17ème que l’on tente aujourd’hui de rectifier péniblement après plusieurs siècles de patriarcat complet mais je m’éloignerais du sujet. Je disais donc, la langue évolue à l’image de la société qui la parle et remplacer bonne soirée, par belle soirée, n’est en fait pas si anodin. Cela me partait même être un des symboles de la superficialité de notre société. Je m’explique (avec l’aide de notre cher Larousse) :

Belle / beau : Qui suscite un plaisir esthétique d’ordre visuel ou auditif

Bonne / bon : Qui, dans son genre, présente des qualités supérieure à la moyenne.

L’un est esthétique, l’autre est qualitatif. L’un est instagramable, l’autre pas forcément…

On peut avoir un beau moment bien pourri et un bon bien moche. Exemples vécus : assister à coucher de soleil magnifique sur la plage mais ne pas savoir l’apprécier car la période traversée ne donne qu’envie de pleurer. A l’inverse, se retrouver littéralement coincée dans la boue/vase, en perdre ses chaussures mais être prise d’un fou-rire partagé.

Evidemment, si le moment peut être à la fois bon et beau, je prends ! Mais à choisir je prend le bon et laisse le beau.

Ces « belle soirée« , « belle journée » et autres « bon weekend » sont à l’image de notre société qui mise tout sur le visuel à défaut du ressenti ; sur le paraître plutôt que l’être ; sur le convaincre les autres quitte à ne pas l’être soi-même…

On nous vend vente l’importance du bien-être par des visuels « parfaits ». Mais est-il possible de passer un bon moment quand on se concentre sur la recherche d’un beau moment ? Combien de ces influenceur.se.s tant envié.e.s passent de belles journées sans pour autant passer de bonnes journées ? La tenue parfaite qui n’est absolument pas pratique, le plat magnifique mangé froid à cause de 20 photos pour n’en garder que la plus appétissante, le cadrage serré pour ne pas montré le décor qui fait pitié, la recherche d’un bon réseau plutôt qu’un bon resto, des milliers d’abonné.e.s mais pas de solide amitié…

Il y a donc les belles journées et les bonnes journées.

Ce qui m’amène à la question du jour : N’y a-t-il que moi qui prend à cœur les formules de politesse ? Qui y trouve et y mets du sens ? Qui m’attarde sur le sens des mots ? J’avoue que sur ce coup là, je n’ai pas la réponse et j’ai besoin de votre avis !

Dans le même style, il y a le « avec plaisir » que renvoie par automatisme le/a toulousain.e même s’iel vient de passer un sale moment avec son interlocuteur ou son interlocutrice. Après 10 ans dans cette ville je ne m’y résigne pas. Ou encore, le nouveau « bien à vous » qui peu à peu prend la place de notre cher « cordialement« . Quelqu’un peut m’expliquer son sens ?

Dites-moi, si vous aussi, il y a des locutions toutes faites qui vous perturbe un tant soit peu.

Sur ce, je vous souhaite évidement une : « bonne » soirée !

Les petits bonheurs de mai

Quoi de beau en ce joli mois de mai ? Un certain nombre pourrais-je répondre. 31 vous dirais-je ! Parce que chaque jour doit être un bonheur…

  1. Faire un covoit’ presque parfait avec une voiture complète, des gens sympas, une route dégagée et une arrivée plutôt que prévue.
  2. Admirer la lune. Pleine. Rousse.
  3. Recevoir de la famille de passage sur Toulouse. Comme une grande. Et en même temps dormir avec ma cousine comme quand j’étais petite.
  4. Danser pour la bonne cause. A savoir préparer une surprise pour le mariage d’un ami. Si tu me lis… : Encore felicitations !
  5. Une bouilloire. J’ai noyé la mienne. Après avoir subi un manque, par flemardise, testé quelques semaines sans, j’ai réinvesti. Et je me suis fait plaisir en joignant l’utile à l’esthetique.
  6. Un réveil dominical, chez moi, en pleine ville, au son des oiseaux et des grenouilles avec une douce lumière solaire.
  7. Passer une journée créative, inspirée pour un écrit pro, un perso et une compo diy.
  8. Se faire appeler tata pour la première fois par sa nièce.
  9. Piquer un fou-rire (après un fort moment de gêne) lorsqu’elle dit « bébé » à un inconnu sur la plage dont le ventre est plus rond que celui de ma soeur enceinte de six mois.
  10. Recevoir spontanément un compliment d’une inconnue dans un ascenseur.
  11. Apprendre le prénom de ma nièce à venir.
  12. Faire une matinée télétravail en terrasse avec vue mer.
  13. Profiter des jours fériés pour multiplier les petites vacances.
  14. Passer du temps en famille.
  15. Se ressourcer en Bretagne.
  16. Partager une journée bonheur d’un ami qui se marie.
  17. Me régaler de crêpes et de fruits de mer.
  18. Faire une session yoga et relaxation.
  19. Aller chez le coiffeur en se demandant si c’est vraiment nécessaire et se trouver jolie en sortant. Se dire que finalement ça l’était puisque c’est toujours utile de se faire du bien.
  20. Être officiellement la marraine de ma nièce.
  21. Revoir une amie de longue date.
  22. Se retrouver aphone pendant 4 jours et donc dans l’incapacité de téléphoner. Du coup, gros gain de tranquillité au travail. Ne pouvoir que faiblement chuchoter et voir que mes interlocuteurs agissent en miroir rapidement. Les plus énervés se retrouvant ainsi vite calmés.
  23. Manger des niniches à Quiberon -> madeleine de Proust
  24. Acheter mon livre annuel. Je suis du genre rat de bibliothèque. Pour satisfaire mon appétit livresque de manière économique, écologique et minimaliste, c’est ce qui me convient le mieux. Mais à chaque printemps paraît une nouvelle épopée de Mary Lester (par Jean Failler), une capitaine de police avec une personnalité bien trempée qui nous plonge tous les ans dans un nouveau périple breton.
  25. Etre aux côtés de ma maman pour la fete des mères.
  26. Faire de belles découvertes dans des endroits que je pensais pourtant connaître.
  27. Être fasciner par la force de la nature quand dans la même journée tu mets maillot et polaire, que tu utilises lunettes de soleil et parapluie, que le soleil brille derrière le rideau de pluie.
  28. Faire 8h de voiture et arriver au soleil couchant sur la route des plages qui m’ont vue grandir. Se sentir chez soi-même si je ne vis plus dans ce coin de paradis. Re-prendre conscience de l’importance de l’océan dans mon équilibre.
  29. Prendre mes premiers coups bains de soleil.
  30. M’enivrer du parfum des fleurs qui s’épanouissent un peu partout, de leurs odeurs qui me prennent parfois par surprise. Ça tombe bien, c’était l’un des thèmes du moi pour le projet 52 de Ma’.
  31. Me réjouir de cette nature qui se réveille et des sens et sensations que ceux-ci éveillent en moi. La vue par cette nouvelle palette de couleurs et ses lumières qui s’intensifient, l’odorat avec tout ce réveil végétal, l’ouïe par le chant de la faune qui s’active, le goût à travers l’arrivée des fruits et gourmandises d’été, le toucher grâce aux caresses du soleil et du vent. Et puis de façon plus abstraite avec un regain d’énergie et d’envie.

Et vous quoi de beau ce mois-ci ?

Un an déjà

Un an déjà.

Une année que je n’ai pas vu passée.
Une année que j’ai l’impression d’avoir gaspillée.
Pas grand-chose à cocher sur ma liste de choses faites. Pas de voyages à noter. Pas de nouvel amour rencontré. Pas d’appart racheté. Pas de CDI signé. Pas de souvenirs mémorables emmagasinés. Beaucoup de frustration, d’impatience et de larmes.

Et pourtant… Un an déjà ! Une année que je n’ai pas vue passée…
Un an que j’ai déménagé. Un an qu’une page a été tournée. Qu’un nouveau chapitre a commencé.

Un an qui m’a vu changé.

Il y a un an j’ai sombré. Le corps a lâché ce que le mental tentait de masquer. Incapable de me déplacer, incapable de m’alimenter, incapable de rester éveiller. J’ai perdu pied. Je me suis vue couler. L’eau, le feu. Paradoxalement cette noyade a laissé une terre brulée…

Une terre brulée où peu à peu la vie a repoussé.

A l’image du renouvellement paysagé, le feu a transformé ma vie partie en fumée en nutriments pour nourrir celle qui est venue la remplacer. J’ai fait table rase du passé mais j’en garde une expérience qui m’aide à bien avancer.

Petite pousse encore fragile, je prends garde à ne plus me laisser blesser, ni oppresser. Je me focalise sur la lumière pour mieux grandir. Je me nourris au maximum d’ondes positives. Je prends garde aux parasites.

Je ne sais pas encore très bien où je vais mais je sens que le chemin sera différent.

J’apprends. J’apprends cette patience qui me manque temps. Je découvre. Comme un enfant je m’émerveille des petites choses du quotidien. Je cultive mon bonheur car il est l’essence de la vie. Il y a encore, et aura toujours, des jours de pluie mais j’arrive à me dire que sans elle il n’est pas possible de grandir. Je ré-apprends la vie avec un point de vue différent.

Cette année n’a pas été une année gaspillée.

Si de l’extérieur le tableau n’est pas mirifique, de l’intérieur qu’elle a été très riche. Celle que j’étais avant cette année passée est fort différente de celle que je suis aujourd’hui. Et c’est tant mieux car je vais mieux. On me dit que je suis plus épanouie. Et je pense, qu’effectivement, je le suis.

Je me suis enrichie.

Enrichie de nouvelles expériences, de nouvelles rencontres, de nouvelles perspectives, de nouveaux espoirs, de nouvelles envies. D’une nouvelle confiance en la vie. J’ai découvert de nouvelles facettes de moi-même : des facettes lumineuses qui me rendent heureuse.

Cette année fut très chargée. Parfois lourde à porter. Mais ce fut une belle année. Pas forcément pour ce qu’elle a été mais pour ce qu’elle va permettre d’être aux suivantes.

Merci à la vie.

Merci à celleux qui sont partis de ma vie et à celleux qui en font partie. Merci aussi à celleux qui, un jour, en feront partie.

Un an déjà.

Les petits bonheurs d’avril

Avril, nouveau mois, nouveaux bonheurs :

  1. Une journée ski : le grand air, l’espace, la nature, la glisse, un sentiment de liberté, la pleine conscience de son corps. Une météo printanière, une neige fraîche de la veille. Un moment partagé. La sensation d’assainir son corps et son esprit. Une journée de sérénité, de… bonheur !
  2. Sortir de ma zone de confort pour un plan qui s’avère foireux un chouïa pas au point, me mettant dans une situation encore plus hors de ma zone de confort. En prendre son parti et s’apercevoir que je gère plutôt bien. Et même : j’apprécie, je me sens bien. Et j’apprécie de savoir apprécier ! Un cercle vertu en fin de compte.
  3. Un jour férié ! Bien placé pour récupérer, prendre soin de soi et prolonger ce sentiment de sérénité qui m’habite depuis la veille. En ce jour dédié au chocolat, j’ai choisi de ne pas en manger, vu que je m’en régale bien trop quasiment tous les autres jours de l’année.
  4. Sentir l’herbe fraîchement coupée.
  5. Ne pas me laisser abattre par les obstacles matériels. Une envie de fondue et pas d’appareil ? Bah, coup de fourchette direct dans la casserole sur le feu ! Humm…
  6. Faire des pique-niques sur la pause déjeuner du boulot. Le printemps est là !
  7. Checker des points qui traînent depuis plusieurs semaines/mois sur ma liste de choses à faire.
  8. Etre envahie d’une grosse flemme tout le weekend mais s’être engagée auprès d’une amie. Donc sortir quand même mais sans motivation. Et finalement passer un très bon moment et rentrer pleine d’energie.
  9. Envisager le pire et constater que finalement rien n’arrive. Ma tour Jenga est toujours là. Debout et entière. Enfin avec encore un trou qui effraie tant.
  10. Les soirées lumineuses de l’heure d’été.
  11. Se surprendre de nouveau devant le constat de mains qui soignent.
  12. Observer les intenses variations du ciel. Quand celui-ci passe du bleu pastel à l’encre bleue. Quand les éclairs zèbrent la nuit. Quand le vent te force à rester à l’abri. Quand la pluie semble ne plus s’arrêter. Quand le soleil se remet à chauffer…
  13. Me faire voler mon vélo. Je m’explique. Le vélo en question était le cadeau de mes douze ans. Ce qui lui faisait (ou fait si il poursuit sa vie en meilleure compagnie) une belle vingtaine d’années. J’ai beaucoup de mal à jeter ou à me séparer des choses en général. Des cadeaux surtout. Du coup je ne savais pas trop quoi en faire. Pas envie de m’en séparer et en même temps pas franchement besoin non plus, mon mode de vie me faisant préférer le velib’. Et puis pour m’en servir il aurait fallu lui rendre un petit coup de fraîcheur (pneus, freins, graisse, éclairage). Or, je ne me sentais pas de faire ça moi-même et pas le temps/energie/motivation pour l’envoyer en atelier. Bref, suite à mon déménagement en mai dernier, mon deux-roues pesait paisait légèrement hors-service dans le local vélo de mon immeuble avec une liberté relative car dans un local à clef mais sans anti-vol car je n’avais plus la clé de ce dernier pour le positionner de façon utile. Dans un élan d’intérêt (11 mois plus tard…) j’ai donc été le voir. Mais il n’y était plus. Et bizarrement le premier sentiment perçu fut du… soulagement ! Soit la gardienne l’a jeté sans avoir mes états d’âme et a donc fait ce que je n’arrivais pas à faire, soit il a fait la joie d’un.e autre, ce qui ferait dans ce cas un peu la mienne. En s’envolant, les pensées qui m’encombraient l’esprit à son sujet se sont envolées aussi.
  14. Pédaler pour la bonne cause. 1km -> 1€ pour les enfants hospitalisés. Opération Carrefour
  15. Une session détente (bains chauds, bulles, jets, hamam, sauna) entre copines.
  16. Se lancer S’acheter des fleurs. Y’a pas de mal à se faire plaisir ! Dédicace à Zénopia.
  17. Manger des fraises les pieds nus dans l’herbe avec des lunettes de soleil.
  18. Ranger les bottes de chantier et sortir les chaussures de sécurité d’été.
  19. Commencer à ne plus avoir besoin d’utiliser le seche-cheveux.
  20. Re-Mettre shorts/jupes/robes sans collant !
  21. Découvrir un petit coin de Paradis, littéralement à mes pieds, sous mes fenêtres, sous mon nez. Se dire que, des fois, le bonheur est sous nos yeux et qu’on met étrangement beaucoup (trop) de temps en s’en rendre compte.
  22. Passer du temps avec ma mère, ma soeur et ma nièce.
  23. Aller à la plage.
  24. Faire quelques heures de télétravail pour pouvoir partir bien plus tôt en mini-vacances.
  25. Jouir de ces mini-vacances. La mer, le soleil, les palmiers, la famille, les petits bonheurs simples.
  26. M’émerveiller devant la capacité d’un petit bout d’à peine 2 ans à vivre l’instant présent, à vivre ses émotions intensément.
  27. Me créer de nouveaux beaux souvenirs.
  28. Me sentir utile en aidant mes proches.
  29. Me découvrir une nouvelle envie, un nouveau centre d’intérêt. Un peu étrange, peu cartésien. Même si je ne suis pas sûre d’assumer encore pleinement.
  30. Ré-ouvrir la saison des glaces. Celles qui se dégustent…

Et vous, vos petits bonheurs d’avril ?

Les petits bonheurs de Mars

Troisième édition des petits bonheurs du mois. Sans plus palabrer, voici les 31 moments de mars :

  1. Une attention chocolatée. Un petit rien qui compte beaucoup.
  2. Une belle journée printanière après une semaine très hivernale. Pour une meteosensible comme je suis, ca fait vraiment du bien. En profiter pour faire une belle balade.
  3. Se reveiller avec un rayon de soleil, une douce brise et une personne charmante pour me réchauffer.
  4. Publier un nouveau billet sur ce blog dans l’esprit premier de celui-ci. A savoir tenter de répondre à une question forte de ma petite vie.
  5. Se coucher tôt et se reveiller bien avant le réveil !
  6. Session coiffure : détente et papotage pour sortir en se trouvant belle.
  7. Prendre le temps de faire de « belles » photos au boulot. Trouver de l’esthétique dans le capharnaüm du chantier.
  8. Voir, entendre, sentir et ressenrir les prémices du printemps.
  9. Sortir sans manteau (et sans avoir froid évidement).
  10. Retrouver une ambiance plus sereine entre collègues.
  11. Faire un craquage shopping. Dépenser sans compter (mais en restant raisonnable). Acheter enfin des éléments qu’on avait en tête depuis plusieurs mois. Acheter pour répondre à un « besoin » qui fait suite à un changement de vie, de corps et d’esprit.
  12. Couper le chauffage. Même si ce n’est que temporairement.
  13. Passer du temps avec des ami.e.s. prendre conscience qu’on a tous plus ou moins de m**des dans ça vie ; que chacun.e les gère à sa manière. Et que je m’en sors plutôt bien de ce côté-là.
  14. Prendre conscience du chemin parcouru sur l’année passée. En être heureuse et se sentir confiante pour poursuivre.
  15. Aller au théâtre et passer un bon moment à rire. Merci « Toulousains ! »
  16. Écouter le bruit de la pluie, fenêtre ouverte avec l’orage qui gronde au loin.
  17. Penser aux vacances, aux ponts et longs weekends à venir. Faire des projets à ce sujet.
  18. Manger les premières fraises de la saison. Ok, c’est la saison espagnole mais ça fait plaisir quand même.
  19. Démarrer un nouveau chantier : le plaisir de la page blanche, enfin du terrain vierge (ou presque).
  20. Faire une soirée au champagne.
  21. …où tout le monde est en quasi noir intégral. Parce que le noir, c’est classe. Et être en dominante rouge. Apprecier de se sentir décalée de la société car c’est pour être du « bon » côté. Celui de la liberté, de la vie, de la joie.
  22. Retourner sur un de mes lieux de travail, un samedi, sous la pluie, pour faire des photos. Parce que c’est Ma’ qui m’a dit. Et que la lumière était très jolie et les flaques propices aux jeux de reflets.
  23. Recevoir une proposition de « débauche« . Dis comme ça c’est un peu bizarre, surtout avec le rythme de vie que j’ai actuellement. Du coup, il est préférable que j’eclaircisse mon propos : une entreprise m’a très gentiment, et sérieusement, fait comprendre qu’elle recrutait et qu’elle me recruterait bien. Et ce sous les yeux et les oreilles de mon patron !
  24. Sortir de ma zone de confort en testant de nouveaux endroits, rencontrant de nouvelles personnes.
  25. Me replonger avec délectation dans les livres.
  26. Avoir du rab chez le traiteur.
  27. Recevoir un faire-part. De l’autre bout du monde. Se faire une joie de partager un moment heureux important.
  28. Tester une adresse mythique de toulouse : la Pastaschuitta. Après une décennie dans cette ville, il n’est jamais trop tard.
  29. Retourner au théâtre. Pour là encore checker un classique : les monologues du vagin. Cette pièce devrait être obligatoire car d’intérêt général. Entre deux rires aux larmes il y a des rappels de faits sérieux et peu glorieux
  30. Recevoir de manière rapporté un compliment professionnel de quelqu’un peu habitué à en distribuer.
  31. Planter des graines de « fleurs d’été » et les voir germer, pousser quasi à vue d’oeil !

Etre une femme libérée c’est pas si facile…

Petite musique dans la tête ? Ce n’était pas le but, mais vous pourrez l’écouter plus bas… Aujourd’hui, j’aimerais dire « comme tout le monde le sait », c’est la journée internationale des droits des femmes. Et non « journée d’la femme ». Le premier qui me dit bonne journée risque d’être mal reçu et celui qui m’offre une fleur a plus de chance d’avoir une grimace qu’un merci. Et encore c’est parce que je prends sur moi de ne pas lâcher mon agressivité sur l’ignorant.

Aujourd’hui, c’est une journée pour réfléchir. Réfléchir à plus d’égalité entre hommes et femmes. Réfléchir au pourquoi de ces différences et réfléchir à la manière de les atténuer (à défaut de les supprimer). Malheureusement, notre société tellement est ancrée dans un schéma patriarcal et de consommation que cette journée à l’origine « philanthropique » a basculé pour la majorité dans une célébration de la femme en tant qu’objet sexuel. Soit exactement l’idéologie contraire de la base de cette journée !

journée de la femme
BuzzFeed France

Ainsi plutôt que de remettre en question nos façons de d’être et de faire, la plupart contribuera à renforcer le cliché. Est-ce que certains iront jusqu’à faire des promotions sur les faire à repasser ? J’ai bien peur que oui. Il est évidement en tout cas, que les offres de lingerie, parfums et cosmétiques fleuriront pulluleront. Car l’essentiel n’est pas d’être belle et de se taire ? Pourquoi parler ? Pour se plaindre de notre condition ? Mais de quoi aurions-nous besoin de plus ? Un salaire cohérent avec nos qualifications et équivalent à celui nos collègues masculins ? Quelle drôle d’idée… La possibilité de se balader dans l’espace public sans crainte ? Mais pourquoi, puisque les hommes sont là pour nous protéger (…de leur congénères). Plus d’équité dans le partage des tâches domestiques ? Mais voyons, l’homme « aide » de plus en plus à la maison. Et puis vous avez vu ce nouveau lave-linge qui sèche aussi ? Si c’est pas une invention de génie de l’homme pour « aider la femme ». Vous noterez qu’on part toujours du principe que les avancées viennent des hommes. Pierre et Marie Curie ça vous parle ? Ça serait-bien. Vouloir une langue moins sexiste ; encore une idée farfelue, non ? Si j’ai parlé plus haut de philanthropie (= bienveillance envers l’homme), c’est seulement parce que l’équivalant féminin, même neutre, n’existe pas. Si j’écris philogynéopie qui va me comprendre ? Pas l’académie française en tout cas.

Je pourrais écrire longtemps sur toute cette frustration et colère que génère chez moi cette journée irrespectée, mais j’ai plutôt envie de vous faire part de mon vécu personnel en tant que femme, des droits que je me suis accordée en conséquence. Vous l’aurez compris la question du jour est : Quels sont les droits que je m’accorde en tant que femme ?

Si certains problèmes relèvent de la légalité, la plupart sont des diktats de la société. Rien est écrit, peu est dit, mais tout est fait pour que le message soit bien appris.

Mon coté zèbre, m’a toujours mis dans la case des rebelles. Petite les poupées m’horrifiaient. Moi, ce qui me plaisait c’était les petites voitures. J’adorais. Surtout les majorettes qui changeaient de couleurs en fonction de la chaleur. J’adorais également grimper dans les arbres et y faire des cabanes (les joies de grandir à la campagne). J’adorais faire des roulades dans l’herbe. J’aimais le foot, le rugby et les maths. Un vrai garçon manqué… Et alors ??? ! Qu’est-ce que ça peut bien faire aux autres ? Rien de mal. Alors pourquoi vouloir m’en empêcher, puisque ça me fait du bien ? Et puis, j’aimais (et aime toujours) la danse. La lecture aussi. Mais ça, tout le monde s’en fiche. Une fille à le droit d’aimer la danse et la lecture mais pas le foot, le rugby, les maths, se frotter à la nature et les petites voitures. Et bah, moi si ! Très tôt je me suis approprié ces droits. C’est droit qu’on ne me donne pas, j’ai été les chercher. La liberté s’arrête là, où commence celle des autres, alors je peux faire un bon bout de chemin.

Quelques années plus tard, j’ai choisi de faire de l’architecture mon métier. Je voulais bâtir mes rêves. Au sens propre : Créer et réaliser. Je voulais être architecte ! Oui, oui, oui, c’est bien beau tout ça, mais architecte c’est six ans d’études. Tu es sure d’être capable ? Tu es sure de ton choix ? Non, parce que c’est très masculin quand même… Sinon y’a un BTS pour faire archi d’interieur si tu veux. Bah, non, justement, c’est pas ça que je veux. Pourquoi voudrais-je me restreindre à l’intérieur ? Pour faire une future femme au foyer ? Sérieux, celui qui m’a sorti ça ne me connaissait vraiment pas. Ce conseiller d’orientation venu haranguer les élèves pour leur dire de croire en eux, d’avoir de l’ambition, « y compris les filles » (!!!), à tout fait pour déstabiliser et démotiver la seule qui osait le faire. Autant vous dire qu’il a été bien reçu… J’ai pris le droit de choisir et suivre ma voie, de sortir des clichés et de prendre une filière dite masculine. Petite victoire aujourd’hui les nouvelles générations tendent à rétablir l’équilibre dans ce domaine, en tout cas.

Et puis, dans ma vie, il y a eu un accident. Un accident de vie. Je suis tombée sur un gros porc. Mon gros porc. #MeToo . Ce n’ai pas un sujet que j’ai envie d’aborder longuement ici car c’est bien trop intime. Ce que je veux vous juste dire, c’est que j’ai pris le droit de demander justice pour la violation de mon corps. J’étais la septième de sa liste !!! La septième identifiée en tout cas… Mais seulement la première à oser porter plainte ; la première à faire valoir son droit au respect de son corps. Mais aussi la seule. La seule à affronter son regard. La seule à lui faire faire un stop par la case prison. La femme n’est pas un objet sexuel. Une femme n’est pas une chose. Le corps d’une femme n’appartient qu’à elle-même.

viol

Le corps d’une femme n’appartient qu’à elle-même. Et c’est à ce titre que je considère que le droit à l’avortement comme un droit primordial pour les femmes. Le fœtus est un ensemble de cellules incorporés à un ensemble plus grand. Prioriser le fœtus, c’est prioriser un ensemble de quelques cellules en allant à l’encontre d’une personne entière, vivante et sensible. C’est partir du principe que la vie d’une femme compte moins qu’une vie qui n’existe pas encore. Je n’ai jamais eu à user de ce droit et j’espère ne jamais être confronter à faire ce choix. Cependant, je trouve indispensable d’avoir cette possibilité de recours. L’expérience me semble suffisamment traumatisante pour qu’on ait pas, en plus, à devoir se battre pour gérer ses entrailles. Ce droit a été très tardivement et très difficilement acquis. Sur ce point je dirais juste : Merci Simone ! Simone de Beauvoir évidement. Celle qui a tant œuvré pour les droits des femmes. Celle qui nous a aussi prévenu : N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. Et vu, le climat actuel, je dirais que ce conseil est à prendre on ne peut plus au sérieux. Malheureusement…

droit avortement

Avant d’en arriver à cette extrémité, je profite de mon droit à la contraception. La vrai clé du plaisir partagé. Quelque soit le moyen utilisé. Parce que y’a beau dire, en cas de procréation non souhaitée, il est beaucoup plus facile pour l’un que pour l’autre de se dépatouiller de la situation. Pas besoin de préciser qui de l’homme ou de la femme va le plus trinquer. Alors, rien de mieux qu’un peu de sécurité pour gagner en sérénité, et donc, en liberté. Et pour le coup, c’est, je pense, indubitablement gagnant-gagnant. Quelque soit le genre de l’humain. Enfin si sur le papier c’est l’invention rêvée, on est quand même encore loin de l’équité car pour mieux profiter les hommes font en grand majorité porter et supporter cette responsabilité aux femmes. Et, aux vues des moyens dont nous disposons, les femmes se retrouvent bien trop nombreuses à être contraintes de se dérégler aux hormones. Et par voie de fait, à voir leur nature perturbée (poids, peau, circulation sanguine, libido, sensibilité…). D’ailleurs si la pilule masculine n’est toujours pas sur le marché, c’est parce que ces pauvres choux ont bien trop d’effets secondaires ! Et nous ???! Bah, on s’en fout moque. On est priée d’être reconnaissante du contrôle des naissances et de la fermer sur le sujet des à cotés.

Après « la fermer », c’est le message qu’on nous fait passer depuis des centaines d’années. Or, je réclame le droit de parler. De parler de mon porc. De parler de mes droits, de parler de ma féminité. Tiens, : les règles ! L’expression même de la féminité. Le sang… symbole de la vie et de la mort. Les règles sont l’incarnation de notre fécondité. Le cadeau fardeau de dame nature. Si tu peux être heureuse quelques instants de les voir couler car tu te sens rassurer de ne pas être embarrassée, tu sais surtout que tu es partie pour plusieurs jours à morfler. Physiquement, déjà, pour nombre d’entre nous. Avec une intensité variée, ok, mais rappelons que 10% des femmes sont atteintes d’endrométriose. Maladie méconnue et mal soignée car réservée à la gente féminine. Et puis socialement car tu vas te surveiller, chercher à pouvoir te changer, te laver, tu vas te sentir observée, jugée et rabaissée. Parfois à tord mais aussi parfois à raison. Laquelle de nous ne s’est jamais sentie morte de honte d’avoir une tache rouge au niveau de l’entrejambe ? Pourtant sur la base moyenne de cinq jours de règles toutes les quatre semaines, il y a permanence une femme sur six de notre entourage concernée. De quoi banaliser la chose, non ? Le droit de parler, je le prends aussi, ici, avec ce blog. Je ne sais comment cet article sera reçu. Tant pis je me lance. Prendre le droit de parler, c’est se mettre en danger car on prend le risque d’être contestée voire rejetée. Mais c’est aussi le seule moyen d’être entendue, voire reconnue. Couper la parole à quelqu’un est assimilé à une impolitesse mais c’est surtout une volonté de dominer. Pour établir une équité, nous devons donc apprendre à parler, enfin nous devons apprendre à prendre la parole et apprendre à nous faire écouter pour nous faire respecter.

Cette prise de parole est plus ou moins compliquée selon le contexte. Pour ma part, j’ai dû apprendre à me faire entendre sur chantier. Milieu hostile à la féminité par excellence. Mais il n’y a aucun raison fondée à cela. J’ai donc pris le droit de prendre ma place dans ce monde. La biologie nous ayant fait différent.e.s, l’égalité n’est pas possible mais l’équité si. Je n’ai ni la voix grave qui porte à 50m en couvrant les marteaux-piqueurs, ni la force de porter 50kg de ciment. En même temps ce n’est pas ce qu’on me demande. On me demande d’ordonnancer, piloter et coordonner. Et cela peut très bien se faire sans élever la voix et surtout sans force. J’ai parfois reçu des propos violents comme lorsque « on » m’a dit « je n’ai encore jamais frappé une femme sur chantier« . Au-delà de la menace à peine voilée, que comprendre dans ces mots ? Que cet individu à déjà frappé des femmes hors chantier ? Possible, puisqu’en France une femme meurt tous les trois jours sous la violence d’un homme. Ou que sur chantier il n’en a pas eu l’occasion et que de fait, il n’a pu frapper que des hommes ? Alors, dans ce cas, tu te retrouves à expliquer gentiment au Môssieur qui a deux fois ton age, que la violence n’est pas un moyen de communication ; qu’on soit homme ou femme. Cependant, il est sûr que s’il m’avait frappé, il n’aurait fait qu’un bouchée de ma petite personne. Faire respecter les droits des femmes, c’est simplement faire respecter les droits humains. C’est combattre la loi du plus fort et c’est dans l’intérêt de tous. Ce qui me rassure quand même c’est que ce milieu se féminise ; que le temps passant, les jeunes générations prennent la relèvent et que leur mode de pensée est bien plus ouvert et équitable que celui de leurs aînés. Les choses évoluent. Doucement mais surement. Et do=ans le bon sens. Ici en tout cas. Il ne faut juste pas lâcher. Rien lâcher.

Pas lâcher. Pas lâcher. Si il y a bien une chose que je n’ai pas lâcher non plus c’est mon nom. Pour ceux qui l’aurait raté, j’ai été mariée. Mon nom, dit de « jeune fille » , est en fait juste mon nom (celui qui pense au dîner de cons sort). C’est d’ailleurs mon seul véritable nom. Le nom « d’épouse » n’est qu’un nom d’usage. Pour l’histoire, ce changement de nom est lié a un changement de propriétaire. La femme en se mariant passe passait de la tutelle de son père à celle de son mari. L’un donnait la main de sa fille à un étranger qui la recevait. Donner sa main n’a rien de romantique quand on sait que c’est à prendre au sens propre et non figuré. Bref, j’ai donc usé de mon droit à garder mon nom. Et j’en suis d’autant plus heureuse que je me suis mariée pour divorcer quelques années plus tard. A changer de nom aussi régulièrement, on frôle la schizophrénie. On perd son identité et on se balade avec une étiquette « changement de propriétaire ». Notre seul nom légitime étant celui de naissance, notre ex est tout à fait en droit de nous interdire d’user du sien. Et donc de nous obliger à changer, renier notre identité. Faudrait pas salir son nom quand même… Je rappelle à tout fin utile que l’usage inverse est également possible mais bien trop répandu pour qu’il soit inutile de le rappeler. Je vous invite à lire ma réflexion plus complète sur le sujet ici.

Question de nom, question de mots… Le sexisme se loge partout autour de nous. Y compris dans notre langue. Alors, quand on sait que le langage est le reflet de notre pensée, il n’est pas surprenant qu’une langue sexiste donne une société qui l’est aussi. Comme je l’évoquais plus haut de nombreux mots sont basés sur la masculinité. Dans le meilleur de cas, la version féminine ou neutre est peu connu mais le plus souvent elle n’existe juste pas. La femme n’existe pas. L’égalité n’existe pas. Les droits de l’homme ! Et les femmes alors ? On s’en fout… Oui, la France était précurseuse (Ça vous pique les oreilles, hein ? Bah oui c’est du féminin. Qui existe en plus pourtant.) pour les droits de l’homme. La France, en avance, mais injuste. Cette déclaration a peut-être été reprise plus tardivement chez nos voisins mais au moins ils ont pris le temps de la corriger. Ainsi nos amis anglophones bénéficient d’un human rights act et non man rights act. Le plus triste c’est que la langue française n’était pas sexiste, elle l’est devenue. Au temps des lumières, les femmes ont sombré. Je trouve ça encore plus triste. Comment grandir avec un sentiment d’équité quand on nous rabâche des années durant que le masculin l’emporte sur le féminin ? Pour soigner nos maux, soignons nos mots ! Je milite donc pour une langue plus juste. Alors oui, l’écriture inclusive n’est ni la plus simple, ni la plus jolie (enfin question de point de vue) mais elle est la plus respectueuse et je souhaite ardemment qu’elle se développe et deviennent une évidence. Je n’en ai pas encore fait une assimilation complète mais vous ne serez pas surpris d’en trouver dans mes articles. Et surement de manière croissante.

La pensée se structure dès le plus jeune âge sous l’influence du contexte du développement de l’enfant. Je parlais de l’importance des mots, mais il y a un autre droit que je réclame celui des jouets neutres ! Le droit d’avoir les mêmes jouets qu’on soit fille ou garçon. Comment parvenir à l’équité, au respect mutuel et au respect de soi quand on nous conditionne à exacerber nos différences ?

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Pour le coup, c’est une régression. Des jouets que j’ai connu neutre lorsque j’étais enfant sont devenus sexués pour ceux d’aujourd’hui ! Pourquoi ? Pour vendre ! L’humain n’est plus qu’un consommateur. Si s’asseoir sur les valeurs permet d’augmenter le chiffre d’affaire, il semblerait que la notion de culpabilité soit envolée… Le jackpot c’est pour les adelphies (fratrie mixte), ça incite les parents à racheter un jouet qu’on a déjà mais dans l’autre couleur. On ne va quand même pas donner un vélo rose au petit frère ! Et le kinder !!! Pourquoi faire des kinders roses et des kinders bleus ? Sérieux !!! Je vais vous les vomir ces chocolats, tellement que ce concept me semble indigeste. Personnellement la démarche est contre-productive car je préfère renoncer au produit plutôt que de contribuer à ce système. D’autant plus qu’au-delà de la différenciation de couleur la différence sexuelle ce fait aussi sur d’autres points. Le jouet à l’intérieur répondra aux stéréotype grenés : petit voiture chez les garçons, mini-poupée pour les filles. Et bonus final : le prix ! Et oui, apparemment le rose coûte plus cher. Allez savoir pourquoi… Pour nous faire intégrer la taxe rose des le plus jeune âge ! L’égalité des prix n’est pas un droit acquis mais un droit perdu. La sexualisation des objets et des services a été accompagnée d’une taxe rose : un chemisier coûte plus cher au pressing qu’une chemise, un rasoir rose plus qu’un bleu, une coupe de cheveux est plus chère pour une femme que pour un homme et maintenant certains différencient même filles et garçons ! En quoi couper 10cm de pointes devrait coûter plus cher qu’une coupe homme avec des variations de longueur sur le dessus, le devant et les cotés ? Même l’allume-gaz rose est plus cher. Je me retiens d’hurler… Après j’ai envie de dire qu’il faut être bien conne pour choisir le rose dans ces conditions. Oui, je pars du principe qu’un homme n’ira pas acheter le rose de lui-même. C’est pour ce type d’injustice que cette journée a été créer !

Puisque je vous parle de rasoir, je vais rester dans la thématique pilaire. Je prends le droit de faire ce que je veux de mes poils. De la tête aux pieds en passant par toutes les zones entre les deux. Biologiquement hommes et femmes n’en ont pas la même densité. Ok. Mais est-ce une raison pour faire de la femme un objet imberbe et l’homme un animal velu ? Je refuse cette guerre du poil féminin. Ils n’ont pas été mis là seulement pour faire joli moche. Ils ont aussi une fonction protectrice et régulatrice. Contrairement à mes idées zébrées je suis du genre modérée sur le sujet. Je ne pratique ni la jachère totale, ni le désherbage intensif. Et j’apprécierais qu’on respecte mon droit de pilosité. Là, où l’on demande à la femme de plus en plus de travail (et de souffrance au passage), la tolérance envers l’homme est de plus en plus grande. Sous prétexte de virilité, nous côtoyons de plus en plus de masculinité négligée.

Dans les contraintes corporelles que j’ai aussi rejetée, il y a celle du soutien-gorge. Bien que remplissant difficilement un bonnet A, à l’adolescence, je me suis confortée à l’usage de ce vêtement. Habitude prise et puis gardée. Jusqu’au jour où ce corset moderne m’a blessé. J’ai du l’ôter quelques jours pour cicatriser. A peine remise que j’ai été retouchée. Alors j’ai tout jeté. Cela fait maintenant plus d’un an. Et si les premiers moments on été déstabilisants, j’ai vite su apprécier cette nouvelle liberté. L’arrivée des beaux jours et des vêtements légers, a été aussi, je l’avoue, un cap à passer. Mais aujourd’hui tout cela semble appartenir à un lointain passé et je n’en ai aucun regret. J’use donc en tout sérénité de mon droit aux seins libérés.

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Sois belle et tais-toi. Il faut souffrir pour être belle. Le masculin l’emporte sur le féminin. Garçon manqué… Autant de douces paroles que l’on entend au quotidien. Et encore celles-ci sont réellement douces par rapport à ce qu’il est courant de recevoir. C’est donc en toute logique, je finis par le titre, Etre une femme libérée, c’est pas si facile. Partagée entre ce qu’on est, ce qu’on aimerait être et ce que la société exige que l’on soit, l’équilibre n’est pas si facile…

C’est pour ça qu’il est important qu’aujourd’hui soit la la journée internationale des droits des femmes et non la journée d’la femme.

Femme libérée – Cookie Dingler / Parolier.e.s : Christian Dingler et Joelle Kopf

Elle est abonnée à Marie-Claire
Dans l’Nouvel Ob’s elle ne lit que Bretecher
Le Monde y’a longtemps qu’elle fait plus semblant
Elle achète Match en cachette c’est bien plus marrant

Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile

Au fond de son lit un macho s’endort
Qui ne l’aimera pas plus loin que l’aurore
Mais elle s’en fout elle s’éclate quand même
Et lui ronronne des tonnes de « Je t’aime »

Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile

Sa première ride lui fait du souci
Le reflet du miroir pèse sur sa vie
Elle rentre son ventre à chaque fois qu’elle sort
Même dans « Elle » ils disent qu’il faut faire un effort
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile
Elle fume beaucoup elle a des avis sur tout
Elle aime raconter qu’elle sait changer une roue
Elle avoue son âge celui de ses enfants
Et goûte même un p’tit joint de temps en temps
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile

Merci à toi lecteur.rice qui m’a lu jusqu’au bout. J’espère que cet article aura (r)éveillé en toi ta fibre féministe. Du moins celle humaniste. Et n’hésite pas à faire par de tes pensées sur le sujet.

Merci à toi lecteur.rice qui m’a lu jusqu’au bout. J’espère que cet article aura (r)éveillé en toi ta fibre féministe. Du moins celle humaniste. Et n’hésite pas à faire par de tes pensées sur le sujet.