Libéréééeee ! Délivréééeee!

La journée d’hier s’est finie tôt et sans gloire. Mais on est pas en croisière, alors ce matin, il faut quand même assurer le quart. Le 4 à 8, comme la veille. Il est donc 3h45 quand je me fais réveiller en douceur par l’un des matelots. Vu mon état de la veille, je commence prudemment par m’asseoir pour émerger en conscience et vérifier l’état de fonctionnalité de mon corps. Apparemment ça va. C’est pas le top du top mais suffisament correct pour ne pas avoir d’excuse pour rester au lit… Alors, hop debout ! Même programme qu’hier : veille, barre et dispo. Puis petit dej’ (servi par d’autres membres de notre tiers cette fois) et sieste de nouveau jusqu’au repas. Enfin ce midi pas d’horaire car pas de service. Ce midi c’est pique-nique ! Et pique-nique à terre puisque nous sommes entre-temps arrivés sur le territoire de la reine des neiges : Arendal !

Vu mon état de la veille je devrais être heureuse de me retrouver les pieds sur la terre ferme. Je devrais me sentir Liberéééee ! Délivréééee !

Sauf que, en fait, non. Ça m’angoisse plus qu’autre chose. Après une journée de négociation avec mes tripes, la bataille avec le mal de mer est normalement gagnée (sous réserves de conditions de mer non-apocalyptique). Le truc c’est qu’une fois amarinée, il faut se réhabituer au sol fixe avec le pendant du mal de mer : le mal de terre… Donc là, en fait, je flippe d’avoir le mal de terre toute la journée et ensuite de devoir me ré-amariner le lendemain. Le mal de mer un jour ok. Un jour sur deux, pas d’accord !

Bref, maintenant qu’on est à quai et que tout le monde descend, je ne vais quand même pas rester seule à bord. Même s’il reste toujours sur le bateau la part de l’équipage de service. On abandonne pas le navire comme ça !

D’ailleurs, pour l’équipage, une journée d’escale, c’est une journée de repos. Ou presque. Service de garde minimum sauf si impératif contraire. Et là, pas de chance pour eux, il y a impératif. Le grand perroquet a pris cher avec la meteo de la veille. La voile s’est déchirée et il faut la réparer. Malheureusement, cette voile avait déjà subi une avarie et la déchirure de la veille s’est faite le long de la couture de la réparation précédente. Résultat, le perroquet est à changer complètement et cela va leur prendre plusieurs heures…

Pendant que les pros bossent, je me décide à franchir le cap et à débarquer. Une petite pluie fine nous tient compagnie. Pas top. Surtout pour se balader dans ce qui est apparemment la cité balnéaire de la Norvège. Tant pis. Après un petit tour de découverte, je me pose en compagnie de quelques stagiaires sur la terrasse abritée d’un pub, collée à un chauffage à flamme. Ça tangue un peu mais ça va. Et puis le chocolat chaud fait vraiment du bien. Et le feu aussi.

Bien plus tard, deux mousaillons nous rejoignent. Ils ont trouvé une boutique de vetementsetechniques qui brade et ils ont complété leur équipement. Du coup, on lève le camp pour y aller faire un tour (pour le plus grand bonheur du serveur qui se demandait si on partirait un jour). J’y trouverai une polaire qui remplacera parfaitement celle que je pensais avoir mis dans mon sac.

Encore un petit tour avec une halte gourmande pour tester une spécialité locale ressemblant vaguement à une gauffre-boule, et dont j’ai oublié le nom, avant de retournet à bord pour passer à table. Oui, on est atteint par une légère obsession envers la nourriture à bord du Belem.

Et puis dodo. Cette nuit je suis de quart de minuit à quatre. La nuit va être courte. Ou hachée. Je ne sais pas trop encore quel terme employer. Espérons juste que mon pied soit toujours amariné et que tout se passe bien.

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