A fond le Fjord

Premier jour complet à bord. Au programme levée d’ancre à 10h puis remontée du Fjord d’Oslo.

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Avant ça, il y a petit dej’ de 7 à 8. Et quand je vous disais que le ptit dej’ et moi on allait pas être en harmonie sur le Belem, ça a commencé de suite… Alors que certains c’était porté volontaire pour sa mise en place avant 7h, j’ai personnellement emmergé difficilement de mon lit ma bannette vers 7 et quart. Le bruit ambiant ayant eu raison de mon sommeil de belle au bois dormant équipée de boules Quies. Le temps de me vêtir à minima et de faire les 3-4m qui sépare ma couchette du banc de la batterie, je me suis attablée vers 7h20/25. Dans mon esprit j’étais large.

Dans les faits, les 2/3 avait déjà fini leur repas, tout excités à l’idée du départ imminent. (dans plus de 2h quand même !). C’est donc encore somnolente que je démarre ma socialisation maritime avec ceux toujours devant leur bol.  A la première question basique reçue (as-tu bien dormi ? ), j’ai répondu par sincérité automatique « je dors encore ». Ce qui n’était pas faux mais qui a bien fait rire mes voisins et leur a donner un aperçu de ma relation au sommeil (qui se fera sa renommée à bord). Bref, pensant avoir encore une bonne demi-heure devant moi, je m’attaque à un chocolat chaud et un bon morceau de baguette beurrée. Sauf qu’à 7h40 je me fais gentillement dégagée par les volontaires de service. Enfin une plus précisément qui me dit qu’ils remballent car tout doit être propre pour 7h45. Il est vrai que ceux encore à table avaient fini et qu’il ne restait plus que moi à réellement déjeuner. Mais, ce nouvel horaire, sorti de je ne sais où, ne m’a pas vraiment plu, ni convaincu. Je me suis donc retrouver mon bol dans un main et ma tartine dans l’autre pour laisser passer l’éponge sous mon nez en leur disant que je remontrai moi-même en cuisine ma vaisselle restante. J’ai oui dire, plus tard, que cette agréable dame est, en fait, amiral (ou gendarme haut gradé selon les sources – je n’ai pas été vérifier). Quoiqu’il en soit, ceux qui sont sous ses ordres ne doivent pas rire tous les jours vu l’amabilité dont elle fait preuve en vacances. Je fini donc, rebelle et seule mon casse-croûte matinal et remonte découvrir nos deux cuistots-matelots, Caroline et Alex, pour leur rendre mon précieux bol en plastique (précaution utile en mer). Je m’excuse du retard et leur explique la situation vite fait. Ce a quoi on me répond que j’avais raison, que le service à fait du zèle et que le petit déjeuner est bien jusqu’à 8h en bas. Autant vous dire qu’avant même de larguer les amarres, j’avais déjà mis un nom sur la liste des personnes que je n’avais pas envie de revoir.

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En ce premier jour, le bateau est encore tout propre. Donc le poste de propreté quotidien de 8h à 9h n’est pas encore activé. Tant mieux. J’en profite pour aller me laver moi-même du coup. Dans notre charmante salle de bain féminine, je fais connaissance avec deux des 11 femmes stagiaires de cette navigation. (Nous sommes 36 au total pour cet embarquement). C’est alors que je vois entrer P1 entre mais ne dit pas bonjour. (P1 pour princesse n°1 dans ma version. Pour d’autre le P est beaucoup moins polissé.) P1 est chez elle sur Belem. P1 ne s’abaisse pas à saluer les moussaillons que nous sommes. P1 est une charmante personne dont j’ai fait la connaissance l’année précédente. Alors que la plus part d’entre nous économise pour faire une navigation, elle en fait 3 ou 4 d’affilé, tous les ans. C’est-à-dire qu’elle reste à bord entre 3 semaines et un mois chaque été. Nous ne mangeons pas les mêmes rillettes. D’ailleurs, à bord elle fréquente plus l’équipage que les stagiaires. Ou seulement les gros récidivistes comme elle (comme notre amiral par exemple). Pas vraiment enchantée, mais pas surprise non plus ( j’avais eu vent de sa présence à bord avant d’embarquer), je me contente d’en déduire que le débrief d’accueil hier n’était, apparemment, pas digne de sa présence la veille. Cela me fait aussi penser que P2 ne doit pas être loin, du coup. P2 est l’ombre de P1, quoique plus accessible si par hasard P1 à pris momentanément ses distances. Esprit colonie de vacances, te revoilà !

9h, rendez-vous dans le grand roof. Le grand roof c’est le « salon » du Belem ; la pièce de réception si l’on veut. De façon plus pragmatique nous dirons la salle de réunion. Le commandant (=capitaine), nous reçoit et nous présente l’ensemble de l’équipage qui se compose de lui-même Capitaine, de son second, de deux lieutenants, un bosco, un chef mécano, deux cuistots et huit matelots. Les matelots sont tous gabiers et instructeurs. C’est-à-dire qu’ils bossent aussi bien à plat-pont que dans le gréement. Et instructeurs car le navire est un bateau-école et qu’à chaque navigation il y a potentiellement 48 écoliers.  Ce qui est assez drôle, c’est de ce dire que certains stagiaires (les gros multi-récidivistes) connaissent mieux Belem que certains matelots (et pour le coup, nous avions trois petits nouveaux à bord). C’est ma troisième navigation, la plupart de tête me sont déjà connue mais si il y a quelque évolution. Par exemple le capitaine n’était que second lors de ma traversée La Corogne-Lorient.

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10h approche et le départ aussi. Tous sur le pont pour voir Belem larguer les amarres et dire au revoir à Oslo. Un petit pincement au cœur de quitter cette chouette ville et une grande joie de partir en mer ! Par contre, pour la voile, il faudra attendre un peu. Enfin le lendemain. Le fjord étant étroit, plein d’îlot et très fréquenté, nous sommes sommés d’en sortir au moteur et sous la direction d’un pilote. Il y a 55 miles à parcourir. C’est long mais c’est beau car le rivage restera visible tout au long de la journée. Et comme il n’y a pas de gréement à manœuvre à faire nous avons quartier libre entre les repas (11h ou midi selon le service et 19h ou 20h), nos services et notre premier quart.

Concernant les quarts, c’est le second qui les a mis en place. Comme le dit le commandant lui-même avec 4 galons et il a 4 mots pour son poste : IL SAIT TOUT FAIRE (mais IL FAIT TOUT FAIRE), tandis que son second n’en a que 3, pour sa part : IL FAIT TOUT (même si IL SAIT TOUT aussi). Bref, le premier tiers prendra à partir de ce soir le 8/0h, le second le 0/4h et le troisième le 4/8. Avec mon numéro 37 je suis dans le 3ème tiers. On restera 2 nuits comme ça puis on décalera d’un quart en avant pour 2 nouvelles nuits et ainsi de suite. L’équipage est aussi divisé en tiers mais reste en horaire fixe pour la durée de son embarquement. Par contre il est également soumis aux quarts de jour (mêmes heures que la nuit), alors que nous en sommes dispensé. Cette dispense diurne est une nouveauté pour moi. Il est vrai qu’en journée il y a toujours suffisamment de stagiaires sur le pont pour les manœuvres et qu’avec nos nuits actives s’éclipser pour faire une petite sieste sera toujours appréciable.

Cette première journée passe très vite entre l’exercice de sécurité de type abandon du navire, l’atelier matelotage et la connaissance du groupe. Et puis pour moi elle s’arrêtera tôt car en prévision du quart de 4 à 8, j’ai dîné (service de 20h) et suis partie me coucher. Pas question d’être malade à cause de la fatigue !

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