Ma petite vie en solo

Retour à la case départ. Ou presque.

Après 11 ans de relation avec W. nous nous sommes enfin mariés. Pour mieux nous déchirer 18 mois plus tard. Ce n’est évidement pas ce que j’avais espérer, ni même imaginer.

A l’image d’un deuil, une rupture doit se digérer. Pour cela, il faut franchir les étapes du chemin de la résilience : choc, déni, colère, tristesse, résignation, acceptation et reconstruction.

Le choc est passé. Le déni aussi (quoique qu’il retente encore une approche de temps en temps). La colère s’éloigne peu à peu et la tristesse la suit (mais vu sa lourdeur, elle s’en va beaucoup, beaucoup, moins vite). Coté résignation et acceptation, le gros du boulot est fait. Reste la reconstruction. Et là je me dit qu’il va falloir s’accrocher. Y’a du boulot. Notamment pour réapprendre à vivre seule.

Comment fait-on ?

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Comment fait-on pour vivre seule quand on ne l’a pas choisi, pas voulu ?
S’il faut deux consentement pour se marier, un seul suffit pour se séparer.

Comment fait-on pour vivre seule quand cela fait si longtemps que cela ne nous est pas arrivée ?
Si longtemps que l’on a oublié !

Comment fait-on pour vivre seule quand on a le sentiment d’être la seule à vivre cette solitude ?
A 32 ans, le statut de célibataire se faire rare… 

Comment fait-on pour vivre seule quand la société présente ça comme une tare ? Soyons francs, en plus d’être difficile à vivre, le célibat à mon âge est louche… Qu’est-ce qui peut bien clocher chez elle pour que personne n’en veuille. Ce n’est pas que le regard des autres m’importe habituellement, mais lorsqu’on tente de surmonter le rejet de l’être aimé, n’importe quel autre rejet qui vient s’ajouter est un poids de plus pour se relever..

Comment fait-on pour vivre seule…

Etape 1 :  penser à survivre avant de penser à vivre

Bien qu’ayant déjà eu des idées suicidaires dans ma vie, celles-ci ont eu la sage idée de ne pas se re-pointer. Merci l’hypnothérapie. Cependant, choc, déni, colère, tristesse et m’ont tirer vers le bas. Vraiment bas. Alors, même si on n’a pas l’envie de mettre fin à ses jours, rester en vie demande parfois un minimum d’effort. Respirer, dormir, boire, manger… Ca parait simple pourtant…

Respirer :

Même pas besoin d’y penser, me direz-vous ?
Disons que pour une asthmatique, ce n’est pas si simple. Il faut parfois penser, et se forcer, à expirer ( nota : si tes poumons sont toujours pleins, tu ne peux plus faire rentrer d’air frais et donc d’oxygène. En gros tu suffoques d’avoir les poumons trop remplis. De CO2…). Mais, ces derniers temps, ce n’était pas tant l’asthme que l’angoisse qui m’a causé des difficultés. Respirer quand on a l’impression d’avoir un éléphant assis sur notre poitrine s’avère un peu compliqué. Du coup, on stress et on aggrave la crise d’angoisse…

Dormir :

Aucun problème de ce coté-là. Je dors comme un bébé. Voire un chouïa plus…
Si certains souffrent d’insomnie, j’ai, pour ma part, pratiqué l’hypersomnie. Temps de sommeil : 22h sur 24 (hors crise de panique). Cela laisse donc deux heures par jour pour faire ce que l’on fait, en moyenne, en 16… Autant dire que de nombreuses choses sautent, même es plus vitales…

Boire :

Avec deux heures par jour pour s’hydrater, les quantités ingurgitées sont limitées. Or, dixit mon généraliste, un manque d’eau entraîne une diminution du volume sanguin et donc de la pression artérielle. Ce qui veut dire baisse de tension. Alors quand la tienne n’est déjà pas haute en temps normal, tu t’écroules. Au sens propre et au figuré. Donc moins tu bois, plus tu dors ; plus tu dors moins tu bois… Du coup, boire est devenu l’objectif de mes journées.

Manger :

La blague !
Quand boire demande déjà des efforts, manger relève du challenge. Mais bon, comme il faut bien donner un peu de carburant au corps pour pouvoir le bouger je m’y suis attelée (point deux de ma to do list quotidienne).

Mon aliment de base : le chocolat. C’est plein de sucre (donc d’énergie) et de magnésium (c’est bon pour le moral). Et ça ne nécessite ni cuisson ni vaisselle (trop chronophage et énergivore pour être sur la liste des choses à faire en 2h). Autre avantage : ça se conserve donc pas de problème de stock Car autant vous dire que « course » ne tient pas sur la liste non plus.

Etape 2 : Réapprendre à vivre

Les efforts pour ne pas sombrer ont fini pas payer. Quand j’ai retrouvé un niveau acceptable pour les activités vitales, j’ai pu passer au niveau supérieur :

 

Retrouver une hygiène de vie correcte passable

Avant, dans ma vie à deux, quand les tâches du quotidien pouvaient se répartir, celles relatives au repas m’avaient été dispensées. Je n’aime pas cuisiner. Je ne sais pas cuisiner (par contre faire coller, brûler, tomber… ça je maîtrise) Bien qu’aimant manger, je préférais parfois me passer de repas que de m’en préparer un.

Aujourd’hui, je n’ai plus le choix. Sauf à retomber dans la phase précédente.

Je n’aime toujours pas faire à manger. Ne faire à manger que pour moi me démotive encore plus. Et puis, vraiment, je suis vraiment pas douée pour. Surtout sur une gazinière (comme en est équipé mon nouvel appart) où je fais brûler les choses encore plus que sur d’autre types de plaques. Avoir un frigo vide n’aide pas non plus à faire des petits plats équilibrés.

Disons que pour le moment je m’alimente à défaut de cuisiner. Et je m’efforce de faire des courses pour avoir ce qu’il faut sous la main (taux de réussite médiocre) pour quand j’aurai le « courage » de m’y mettre.

Le point où j’assure et ai toujours assurée c’est coté hygiène corporelle. J’ai dû classer ça dans les besoins vitaux car malgré mon hypersomnie, j’ai tenue la douche quotidienne. Une part de moi devait espérer que cela me réveille… Mais, au moins j’avais de l’eau à porter de  main bouche pour m’hydrater… Oui je suis assez bizarre, mais boire de l’eau chaude ne ma jamais dérangée. Donc boire sous la douche m’est faisable et me permettait de tenir les objectifs.

Travailler…

…plus pour gagner plus. Enfin retravailler pour arrêter de ne rien gagner.
Et oui, être de nouveau solo, c’est aussi ne plus avoir de backup en cas de coup dur. Quand je pense que mon patron a demandé à mes collègues si je ne faisais pas de chiqué, je me dis que s’il avait eu conscience de ce qu’il allait me verser à la fin du mois, il en aurait mieux profiter.

…pour socialiser. J’ai beau ne pas être une grande sociable ne parler à personne pendant plusieurs jours, n’aide pas vraiment à retrouver le moral.

… se sentir utile. Nul n’est indispensable, mais savoir que les choses vont bien mieux quand on est là met quand même du baume au cœur.

… me nourrir. Cela peut paraître bête, mais la pause repas du boulot m’a permis d’avoir un cadre m’obligeant à retrouver une alimentation normale. Pour cela je remercie fortement Picard, qui, à deux pas de mon bureau, m’a permis de renouer avec des plats relativement équilibrés (bien plus que chocolat, BN et paille d’or par exemple des jours précédents). Donc oui, le travail c’est la santé. Parfois.

S’atteler aux tâches du quotidien

Faire du ménage. Le point positif de déménager pour un appartement plus petit, c’est qu’il y a moins de ménage à faire (même si c’est encore trop à mon goût). Moins de vaisselle, moins de linge…

Gérer l’administratif. Et là avec un divorce et un déménagement j’ai de quoi faire. Et j’avoue ne toujours pas être à jour…

Etape 3 : Retrouver le plaisir

Vivre, c’est bien mais profiter de la vie s’est mieux. Alors ce qui m’aide le plus à remonter la pente ce sont les petits bonheur du quotidien.

Le truc, c’est que l’un des plaisir de la vie est de la partager. Or en mode solo, il n’ y a plus de partenaire au quotidien. Vous me direz qu’il y a toujours la famille et les amis. Oui. Mais… Quand le membre de votre famille le plus proche est à 500 km, c’est compliqué. Quand vos amis sont tous en mode métro-boulot-dodo ou sa variante auto-boulot-marmots, ils ne sont pas vraiment très disponibles non plus.

C’est à ce moment là que tu prends conscience que tu as assimilé les convenances de la société qui veut que toute activité publique soit sociale ; donc partagée. Et c’est là aussi que tu te rends compte que si tu attends après quelqu’un pour faire quelque chose tu ne feras plus jamais rien.

S’offre à toi alors deux solutions : Tu te confortes au formalise de la société et tu déprimes ou tu prends sur toi pour passer outre et tu continues à t’offrir les petits plaisirs de la vie.

J’ai choisi la deuxième solution. Je vous l’avoue, je ne suis pas toujours dans ma zone de confort. A chaque nouvelle première fois, j’appréhende. Mais à chaque fois, je suis contente d’avoir oser. C’est ce qui me fait recommencer et tenter de nouvelles premières fois.

Qu’elle soit petite ou grande, chaque nouvel événement me donne les mêmes satisfactions : Celle d’avoir oser et celle d’avoir profiter ! En vrac, pour vous donner une idée de mes premières fois en solo :

  • Prendre l’apéro…
  • …et ouvrir une bouteille de vin
  • Se faire une tartiflette
  • Aller au cinéma
  • Aller voir un feu d’artifice.
  • Faire les boutiques. Sans avis extérieur. Celui de la vendeuse ne comptant pas.
  • Partir en vacances. Numéro 1 de la liste des réussite. Je vous raconte tout ça là.
  • Raconter sa vie. Via ce blog. Certains diront peut-être que je ne suis pas seule car il y a de potentiel lecteur mais bon sur le moment, c’est quand même l’impression que j’ai.
  • Pique-niquer
  • Remplir un caddie et n’y mettre que des choses pour soi !
  • Faire 7h de route.
  • Aller à une soirée où tu ne connais pas une personne mais dont le sujet te motive.

Par contre :

Ce que je n’ai pas encore réussi à faire en solo mais que je souhaite :

  • Partir skier

Ce que je n’ai pas l’intention de faire en solo :

  • Aller au restau. Je trouve que partager le plaisir de la table est aussi important que ce qu’il y a dans l’assiette
  • Un bébé. Bien que paradoxalement le refus d’en avoir soit moins catégorique depuis que je ne suis plus en couple…

Alors comment fait-on pour vivre seule ? Je dirai qu’on fait comme on peut. La vie s’est bien. A deux c’est mieux.

Quoique…

Depuis que je suis en solo, ce que je ne fais plus, ou moins  :

  • Me disputer
  • M’épiler
  • Me prendre la tête
  • Agir en me demandant ce que l’Autre va en penser
  • Devoir le consulter avant de donner une réponse
  • Faire des compromis
  • Me soucier de l’heure
  • Me contenter d’une moitié de lit

Il faut aussi savoir profiter des avantages…

 

 

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2 réflexions sur “Ma petite vie en solo

  1. J’ai vécu cette situation… Cela n’a pas été simple au départ mais j’avoue que la case « solo » m’a fait beaucoup de bien et m’a permis d’avancer sur le chemin de l’acceptation de la situation. Bon sinon, j’étais super bien entourée aussi… J’ai des amis en or et géographiquement proches. Idem pour la famille.
    Courage en tout cas !
    Belle journée

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