Le jour où j’ai appris que j’allais être « tata »

Si vous avez lu mes article précédents, vous le savez déjà, les enfants et moi c’est loin d’être le grand amour. Et pourtant, il fut un jour qui fut loin de me laisser indifférente…

Un soir de novembre 2015. Le 10ème exactement (non pas que l’événement m’ait traumatisée au point d’en retenir la date précise mais ce jour fait partie du calendrier familial depuis toujours pour moi), un événement allait légèrement animé ce qui s’annonçait être une simple soirée canap-télé.

En effet, ce jour est celui de l’anniversaire de ma mère. Pour l’occasion ma sœur était remontée de son Var d’accueil pour notre Bretagne natale. (Enfin c’est l’excuse qu’elle avait utilisée pour faire un petit tour supplémentaire là-haut un mois avant les fêtes de fin d’années…). Pour ma part j’étais restée sur Toulouse. Enfin, comme ce jour n’était quand même pas tout à fait comme les autres, je les avais eu au téléphone dans la journée. Jusqu’à là rien d’extraordinaire. Mise à part ma sœur qui voulait que je rappelle en soirée et qu’on ait un échange vidéo. Je n’en voyais pas vraiment l’intérêt, c’est un truc qu’on fait quasi jamais entre nous. Enfin puisque ça avait l’air de faire plaisir à ma mère aussi pourquoi pas.

Sauf que la technologie ce jour-là était récalcitrante : problème d’appareil, de réseaux… Ca ma vite gonflée. En plus leur insistance me gavait. Bref, on a fini par s’avoir mais j’étais passablement agacée et donc pas franchement de bonne humeur. Faut dire que de nature très naïve (et peu patiente) j’étais à mille lieux de soupçonner une quelconque annonce… Heureusement (pour elles autant que pour moi), elles n’ont pas fait durer le suspense très longtemps : ma sœur était enceinte, j’allais être tata début juillet.

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Je ne sais plus trop ce qui s’est passé/dit dans les secondes qui ont suivies. Par contre, je me souviens de la vague d’émotions qui m’a noyée… et des larmes que j’ai déversées après avoir raccrocher.

Quel tsunami émotionnel cette annonce a-t-elle déclenché en moi ?

De la surprise. Ma sœur s’était mariée quelques moi plus tôt et avec son mari, ils ne cachaient pas leur envie d’enfant. Cependant pour des raisons de santé, les médecins avaient conseillé à ma sœur de patienter. Quant à mon beau-frère il était question qu’il soit d’abord muté sur un poste fixe pour assumer son rôle de père de famille. Aucun de ces éléments ne devant être résolu avant plusieurs mois, je ne m’attendais pas du tout à cette nouvelle.

De la joie. Ma sœur était heureuse (bien que nauséeuse) donc je l’étais pour elle. Sincèrement.

De l’inquiétude. Et oui, en étant à la fois terre-à-terre et protectrice envers ma sœur, je me suis vite préoccupée de savoir comment elle allait gérer les points évoqués plus hauts.

De la déstabilisation : J’ai quatre ans de plus que ma sœur. Et même si on a pas forcement passer les caps classiques de la vie au même âge, je les avais jusqu’alors franchis ( logiquement) avant elle. De ce fait, il y a toujours eu entre nous une sorte de lien « maître-élève » (en toute bienveillance hein – et parfois au sens propre, pour les maths par exemple). Je lui faisais part avec plaisir de mon expérience et elle n’hésitait pas à me demander conseils. Sauf que là, elle vivait l’un des moments les plus forts de sa vie, que pour ma part je n’avais pas traversé. Même si beaucoup d’amies avaient vécu ce moment et avait partagé beaucoup de chose avec moi, je restais « ignorante » du sujet.

De la peur. Cela découle du point précédent. J’ai eu peur que ma relation avec ma sœur se délite. Égoïstement, j’ai eu peur qu’elle n’ait plus besoin de moi ; peur de lui être devenue « inutile ». Ma sœur est l’une des personnes qui compte le plus pour moi. Ma relation avec elle est très importante. Et même si comme dans toute sororie, les disputes et désaccords sont nombreux réguliers, on a toujours été très soudées, très complices et très proches. J’avais peur que cela change, qu’un fossé ce crée.

De la dépréciation. En tant qu’aînée, toute la famille misait sur moi pour « produire » ou du moins entamer la nouvelle génération. Bah raté. J’ai eu l’impression d’avoir failli à mon devoir. D’avoir déçu mes parents et grand-parents.

Du soulagement. Bah oui, maintenant que ma sœur a démarré le processus peut-être qu’on me lâchera la grappe laissera un peu vivre ma vie comme je l’entends.

De l’introspection. Pourquoi ?! Pourquoi ma sœur va être maman avant moi ? Pourquoi ça me perturbe ? Pourquoi je n’en ai pas l’envie, moi ? Pourquoi je n’ai pas cet instinct de maternité ? Est-ce que ça viendra un jour ? Est-ce qu’il y a quelque chose qui cloche chez moi ? Et autres questions du genre sans réponse sûre ni définitive. S’en ai suivi toute une remise en question de ce que je suis, de ce que je vis, de ce que j’ai choisi.

De la curiosité : Si il y a bien une personne à qui je pourrai vraiment poser toutes les questions que j’ai en tête sur le sujet et sans tabou, c’est bien à ma sœur. Sur ses ressentis aussi bien physiques que psychiques. Et que va-t-il se passer ? Tout le schéma familial va être remis en question… Mes parents vont devenir des grands-parents. Je vais être « Tata » pour de vrai, pas seulement par alliance. Quel genre d’affection ou d’amour vais-je ressentir pour ce petit bout à venir ?

De la frustration : Qu’est-ce que j’ai pu maudire les 800 Km qui me séparaient d’elle(s) à ce moment-là. Je n’avais qu’une envie : être avec ma mère et ma sœur pour partager toutes ces émotions (les miennes, les leurs), les prendre dans mes bras, leur dire combien je les aime et comment au fond de moi j’aimais déjà cette petite chose à venir. Alors oui, la vidéo c’est mieux que le téléphone mais c’est loin d’être suffisant quand même dans des moments comme ça !

De l’excitation et de l’impatience : Un compte à rebours venait de se déclencher. J’avais hâte d’être à Noël pour partager tout ça physiquement, pour aussi réaliser complètement. Juillet m’a paru à la fois très loin et très proche…

Pour être honnête je ne m’attendais absolument pas à être aussi remuée par cette annonce, qui somme toute n’est « que du bonheur ». Par contre j’ai vite pris conscience que ce n’était qu’un début !

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4 réflexions sur “Le jour où j’ai appris que j’allais être « tata »

  1. Merci pour ce partage. En tant que personne qui ne souhaite pas d’enfant, je comprend complètement tes différents sentiments.

    Je suis aussi l’ainée, et ma soeur a 4 ans de moins que moi. J’ai franchi toutes les étapes avant elle, mais je sais que cette étape là, je ne la passerai jamais. Et quand elle la passera, je pense que ça me fera exactement le même effet !

    L’impression de décevoir, le questionnement sur le pourquoi du comment j’en veux pas (suis-je normale ?), la dépréciation, la joie aussi, le chamboulement dans le cercle familial … Je me retrouve complètement !

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  2. Jeune, je n’étais pas de ces filles qui s’extasient devant les bébés, de celles qui s’exclament: « Oh, qu’il est chou! » et qui savent tout naturellement gazouiller de concert avec eux. Notre premier enfant est arrivé « par accident » — tous deux sans emploi stable, vivant chez mes beaux-parents dont seul mon beau-pere touchait une maigre retraite, donc pas la situation idéale pour accueillir une nouvelle bouche à nourrir! Eh bien c’est l’arrivée de notre aîné qui a déclenché mon instinct maternel… Je suis donc devenue « comme les autres », enfin, pour mes propres enfants. Je continue à être beaucoup plus spontanée avec les toutous et les minets des voisins qu’avec leurs chérubins!
    De nos trois enfants, un seul est marié et ils ne semblent pas vouloir d’enfants. C’est leur choix et je le respecte. Alors quand on me demande: « Pas encore grand-mère? » je réponds avec tact mais j’ai envie de dire que la maternité n’est pas le seul but de la vie!
    Je suis sûre que tu seras une super tata gâteuse !

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