J’apprends le bonheur

Comment fait-on pour être heureux ?

Je ne sais pas. Je crois qu’en fait je n’ai jamais su, mais j’ai décidé d’apprendre.

Quand je regarde mon passé, je me remémore essentiellement de l’angoisse, du sérieux et de la tristesse. En cherchant je retrouve bien quelques moments de bonheur mais ils me paraissent tellement parsemés que cela me rend …triste (dit comme ça, j’ai l’air mal barré, hein?)

Il paraît que nous avons en nous une part génétique nous prédisposant au bonheur. Je pense que de ce côté-la, je suis dotée d’une dose plutôt chiche.

Le contexte dans lequel j’ai grandi n’était pas des plus favorable non plus, avec une enfance très médicalisée et un père alcoolique à penchant violent. Pourtant, tous les enfants malades ou handicapés ne sont pas pour autant malheureux. Et il en est de même pour ceux qui grandissent dans un climat familial tendu. La preuve en est avec ma sœur qui a toujours incarné la joie de vivre et qui a subi le même père que moi. D’ailleurs, comme le dit si bien ma mère, ma sœur et moi sommes son soleil et sa lune. Elle, solaire, lumineuse et chaleureuse, et moi, lunaire, plus froide et mystérieuse. Solitaire et rêveuse aussi. J’ai passé plus de temps dans mes pensées qu’à socialiser.

Malheureusement mes pensées n’ont jamais été de nature très colorée. J’ai toujours vu le verre à moitié vide. Je suis pessimiste de nature. Mon adolescence a été habité d’idées noires, voire très noires. Malgré ça, j’ai toujours vu le jour suivant et, en alternant les périodes de hauts et et celles de bas, j’ai finalement traversé les trente premières années de ma vie.

Et puis il y a quelques mois les bas se sont faits très profonds et les hauts ne remontaient plus grand chose. C’est mon médecin traitant qui a su me faire prendre conscience de la gravité de ma situation et me convaincre d’accepter une aide psychiatrique. Le mot a alors été posé : dépression.

J’ai eu beaucoup de mal à accepter. À accepter d’être « défaillante », que j’avais besoin d’aide, à accepter cette aide. À accepter qu’on m’aide à m’aider. D’accepter que cette aide soit aussi médicamenteuse. Mais je l’ai fait et j’ai bien fait car aujourd’hui je vais bien mieux.

Mais pour arriver là où j’en suis aujourd’hui, il m’a fallu du temps. Deux ans quasiment. D’abord pour arrêter de chuter, puis pour me stabiliser et enfin pour remonter.

Dans un premier temps, j’ai fait un long travail sur ma petite personne et puis petit à petit j’ai appris à prendre du recul, à ne plus moins égocentrer, à ne plus me victimiser. J’ai retrouvé l’envie de vivre en intégrant l’idée que tout n’était pas fatalité. Que la vie n’était rose pour personne mais que c’est nous qui choisissions la couleur que nous voulions lui donner.

La bonne nouvelle, c’est que si nous sommes plus ou moins programmer pour le bonheur, notre conscience peut nous permettre de compenser. En fait, le bonheur, c’est comme tout, ça se travaille.

Comme pour beaucoup de choses de la vie, on ne part pas tous au même niveau.Si d’un point de vue scolaire, je n’avais pas à me plaindre, pour le bonheur, je n’ai pas les facilités innées dont certains dispose. Mais le chemin parcouru ces derniers temps, m’a permis de découvrir l’envie de pratiquer le bonheur et la volonté de progresser dans cette discipline.

J’ai conscience du chemin que j’ai à parcourir et que celui-ci ne sera pas un long fleuve tranquille. Mais j’ai décider d’y arriver.

J’apprends le bonheur comme on apprend à marcher : avec de l’envie, la conscience des chutes à encaisser et des obstacles à surmonter mais surtout la conviction d’y arriver.

Comment fait-on pour être heureux ?

Peut-être simplement en choisissant de l’être.

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Une réflexion sur “J’apprends le bonheur

  1. Hooo je n’avais pas vue ton article! (Comment ça petit gigot est chronophage…?!?!) mais je le trouve très juste.

    J’ai eu environ la même réflexion il y a quelques années après avoir vécu plusieurs déceptions (amicales, scolaires, familiales…) et il est vrai que j’ai développé un côté « on s’en fou » qui rends fou mon mari. Mais quand je sens que quelque chose deviens toxique pour mon état d’esprit j’ai tendance à le mettre de côté et à vouloir l’occulter pour éviter de me relancer dans une spirale infernale. Les gens autour peuvent vite penser que c’est de l’indifférence ou de la froideur quand ils me voient « ignorer » ou me renfermer sur moi pour ne pas me faire intoxiquer. Mais c’est une technique de survie. J’applique de plus en plus la phrase : mieux vaut être seul que mal accompagné.

    Et effectivement je pense que le bonheur n’est pas inné. Certaines personnes se « complaisent » à toujours voir le côté négatif de toutes les situations même quand on leur montre le positif. Mais une fois dans la spirale c’est aussi très difficile de voir ces côtés positifs parfois.

    En tout cas au regard de ta conclusion j’ai l’impression que tu as trouvé la recette 🙂

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