j’arrête de râler – suite et poursuite

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Je vous avais promis un bilan au retour de mes vacances, alors bien qu’un peu plus tardif, le voilà.

Je ne vais pas faire durer le suspens, j’ai échoué. Tenir 21 jours sans râler m’est impossible.

Comme je l’avais pourtant précisé, les conditions de départ m’était plutôt favorables puisque je m’apprêtais à partir pour 4 semaines de congé à l’autre bout du monde.

Ce que je ne vous avais pas révélé dans mon précédent billet, c’est que l’auteure, Christine Lewicki, note que ce défi n’est pas réaliste si l’on souffre de dépression ou d’une autre maladie. Mais, il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Je suis donc passée sur cette phrase en me disant qu’on peut toujours se trouver des excuses quand on est pas motivé. Or, malgré le cadre paradisiaque ma dépression ne s’est pas évaporée et mes problèmes de santé se sont même amplifiés… Oserais-je dire : c’est pas ma faute ? Non, car je reste persuadée que ces paramètres rendaient le défi plus ardu mais pas pour autant irréalisable.

La vrai raison est je pense le manque de volonté. Comme un fumeur accro à sa cigarette, je pense que je suis accro aux râleries. Je fais cette comparaison car on dit qu’un fumeur ne s’arrête de fumer que si il en a vraiment envie. Et je crois que j’en avais (ai) pas envie à 100% (d’arrêter de râler, pas de fumer. Je ne fume pas…). En plus râler est mauvais pour la santé. La sienne et celle de son entourage. Mais râler fait aussi du bien sur le moment. Alors j’ai beau savoir que ce n’est pas bon, je râle quand même. Mais moins qu’avant !

A défaut d’avoir totalement arrêter ce défi m’a fait du bien car j’ai fortement réduis ma consommation.

J’ai effectué correctement la première étape qui consiste à prendre conscience du nombre de râleries dispersé par jour. Pour m’aider, j’ai sagement suivi les consignes en passant un bracelet ou une bague d’une main à l’autre à chaque écart. Mais ça, ça m’a aussi saouler bien vite (tiens une râlerie…). J’ai tenu une ou deux semaines avec ce bijou symbolique. Puis je l’ai laissé de coté. D’abord parce que j’avais atteins un stade où j’avais pleinement conscience de mes râleries sans n’avoir plus besoin de le concrétiser. Ensuite, parce que je ne suis pas très bijoux et que cet élément en surplus me gênait au quotidien (et devenait source de râlerie supplémentaire !).

J’ai pris conscience que je râlais pour un oui ou pour un non (plus souvent pour un non d’ailleurs), que je râlais presque par automatisme, pour la forme. Comme râler dans sa tête ne compte pas (c’est le bouquin qui le dit, pas moi), j’ai appris à retenir mes pensées avant de les verbaliser. Et j’ai retenu beaucoup de pensées… Certaines m’ont échappées (et m’échappent encore).

Parfois aussi j’ai râlé volontairement. Et je ne regrette absolument rien car j’ai aussi réalisé que cela s’est avéré (malheureusement) utile. 

J’ai en exemple une histoire d’aspirateur : J’avais besoin d’un aspirateur pour faire le vide dans un sac étanche afin de compresser ma robe de mariée et la faire rentrer dans ma valise. J’ai donc appeler la réception de l’hôtel aimablement. Pas de problème, on me l’apporte. Puis la réception à rappeler pour me dire qu’en fait je n’avais pas besoin de l’aspirateur car la femme de ménage passerait demain. J’ai gentillement expliqué que ce n’était pour faire le ménage mais pour faire ma valise. D’accord on vous l’emmène. Deuxième rappel : la femme de ménage n’est pas là à cette heure-ci donc c’est pas possible… Je parlemente, ils vont chercher. Troisième rappel. Je sens que ça monte. Mon mari prend le relais. L’aspirateur devrait arriver. Quatrième rappel. Je laisse mon mari gérer. Il n’ont toujours pas d’aspirateur mais ils ont une pompe à vélo (!!!!!!). Je me contiens. Cinquième rappel (=.sixième appel). Mon mari décroche, parlemente, ça à l’air compliquer. Et là je craque : grosse grosse râlerie. Je prends le combiné des mains de mon mari et donne le fond de ma pensée à la personne au bout du fil, à savoir que devoir se coltiner six appels téléphoniques sur une heure de temps pour un avoir un simple aspirateur était juste inadmissible, d’autant plus dans un hôtel de leur standing, qu’il fallait arrêter de nous prendre pour des cons, que cet aspirateur avait intérêt à être là dans les dix minutes sinon ça allait chauffer. L’aspirateur est arrivé dans les dix minutes. Apporté par la gouvernante en personne et accompagné de plates excuses. 

Alors oui les vacances, c’est sensé nous aider à être/redevenir zen mais on est pas toujours aidé. En plus de l’aspirateur j’ai souvenir de deux grosses râleries pendant ces vacances. Une à propos d’une excursion qui s’est avérée être un fiasco et une seconde au sujet de frais supplémentaires sur une prestation soit-disant tout compris.  

Ce que je trouve le plus frustrant, c’est qu’au final ces râleries nous ont permis de nous faire rembourser la moitié du prix de l’excursion et de faire annuler les frais supplémentaires injustifiés et que sans elles ce n’est pas ma sérénité qui s’en serait sortie grandie (j’aurai fulminé de l’intérieur) mais notre portefeuille qui aurait été injustement allégé. Car à ma connaissance nous avons été les seuls du groupe de l’excursion à avoir eu une remise et la pratique des frais supplémentaires sur le forfait tout compris court toujours.

En plus de ces quelques exemples flagrants, j’ai en tête une réflexion récente de ma cousine, ancienne hôtesse de l’air et actuellement gérante d’une boutique de fringues de luxe, qui au cours d’une conversation banale me demanda : tu sais quels sont les clients les mieux servis ? Pas les plus riches, mais les plus râleurs ! Car un scandale est la pire des publicités. Donc on s’occupe d’eux avant qu’ils ne fassent trop de bruit.

Alors, oui je confirme râler est (malheureusement) parfois utile.

Parfois seulement. En effet pendant ce défi, si j’ai pris conscience de mes râleries j’ai aussi pris conscience de celles émanant de mon entourage. J’ai réalisé que la plupart d’entre elles étaient inutiles voir injustifiés et qu’elles engendraient une crispation de la part de celui qui l’émet mais aussi de celui qui l’entend (= Tabagisme passif râlerie passive). Chaque crispation est un petit coup de stress. Je continue donc à essayer de les éradiquer de ma bouche pour mon bien et celui des autres, tout en espérant que mon cerveau finisse par arrêter d’émettre un message qu’une autre partie de lui-même cherche à éradiquer. Schizophrénie quand tu nous tiens…

Le livre évoque aussi le climat de contagion des râleries : un râleur fait râler son entourage mais un non-râleur calme les râleurs. Comme pour beaucoup de choses et là encore je pourrais faire l’analogie avec les fumeurs, la qualité de notre entourage joue beaucoup sur notre état personnel. Quand on est apprenti non-râleur, être entourée de râleurs n’est pas simple. Pas de chance pour moi, mon mari est un râleur (et un fumeur). Et je ne suis pas encore assez forte pour résister à son influence et à celle des autres râleurs de mon entourage. Même si j’espère que mes efforts influent positivement sur leur attitude.

Mais l’enjeu me semble en valoir la peine alors je redouble d’efforts. Je redouble non seulement d’effort pour compenser l’influence râleuse de mon entourage mais aussi pour contrer les facteurs néfastes que sont la maladie et la dépression. Ces facteurs qui selon l’auteure étaient des motifs de dispense de défi et qui sont de mon point de vue des motivations supplémentaires pour tenter de le relever. En effet arrêter de râler est bon pour la santé mentale et par ricochet sur la santé physique (et sur celle de ceux qu’on aime). Si ces éléments rendent le défi plus rude mais cela le rend d’autant plus précieux.

Aujourd’hui, je ne poursuis plus ce défi au pied de la lettre mais j’ai a cœur d’en appliquer sa philosophie au quotidien. A défaut d’avoir arrêter totalement de râler, j’ai déjà fortement diminué. Je suis sur le bon chemin alors je vais poursuivre. Et peut-être qu’un jour je m’apercevrais que cela fera plus de trois semaines que n’ai pas râler. J’espère aussi entraîner plus ou moins consciemment mon entourage sur cette voie.  

Serai-je un jour une non-râleuse ? Seul le temps me le dira, mais ce n’est pas impossible. Et puis après tout Jeanne Calment fumait bien une cigarette par jour…

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4 réflexions sur “j’arrête de râler – suite et poursuite

  1. Bonjour,

    Je suis tombée un peu par hasard sur ton blog et j’ai lu tes articles avec beaucoup d’intérêt!
    Je me reconnais dans pas mal de situations et j’aime beaucoup ton style.
    A quand le prochain article?
    Au plaisir de te lire!!!

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