Asociale

indexLa question m’effleurait parfois l’esprit mais aujourd’hui j’ai l’impression qu’elle m’obsède : Suis-je vraiment asociale ?

J’ai toujours été de nature solitaire. Petite, mes parents ont été jusqu’à me confisquer ma carte de bibliothèque pour que j’arrête de lire et aille m’amuser avec d’autres enfants de mon âge. Je sentais que j’étais solitaire. Solitaire mais pas asociale. En effet, des amis, j’en avais et j’en ai. Pas des masses, mais des vrais. J’aime les voir mais j’aime aussi être seule. Seule avec moi-même. Je ne me sens pas obligée d’être avec quelqu’un pour me sentir bien.

Quand mon histoire d’amour à commencer avec mon (futur) mari, nous étudions dans des villes différentes, pas très éloignées mais suffisamment quand même pour ne se voir que le weekend. Pourtant, il m’est arrivé de « sacrifier » certains de ces weekends pour être seule. Il a eu du mal à le comprendre au début. Il l’a pris contre lui, contre nous, puis a fini par comprendre ce qu’il en était réellement : j’ai besoin de moment de solitude pour me retrouver, et donc pour mieux le retrouver par la suite. Aujourd’hui, son job le mène à partir en mission de plusieurs jours de temps en temps et j’avoue apprécier ces moments de solitude. Et cela ne m’empêche pas d’être ravie de le retrouver quand il rentre. Au contraire ! Je suis  une solitaire mais pas une asociale. J’aime être seule mais j’aime aussi les gens. Jusqu’à présent, cette facette de ma personnalité ne m’a jamais questionnée, je l’ai toujours bien vécu. Je le vis bien et mon entourage aussi.

Mais depuis quelques temps, je ressens les choses un peu différemment. Je sens un changement. J’ai l’impression que je ne recherche plus ces moment de solitude pour être en accord avec moi-même mais aussi parce que les autres, la société me fatiguent, m’agressent.

Je ne supporte plus le bruit, l’incivisme, les gestes égoïstes et bien d’autres choses encore.

La « liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (art. 4 de la Déclaration des droits de l’homme).

J’ai l’impression que ce principe fondamental n’est en fait suivi par personne.

Le bruit me nuit. Celui fait par les enfants, et laisser faire (voire encourager) par leur parents (ce qui fait que même mon cercle amical me semble parfois hostile) . Celui fait par les véhicules, en particulier les motos et voitures acheter justement pour leur bruit ! Celui fait par les « branleurs », les « kékés » (appelez-les comme vous voulez) qui imposent leur musique à tous et à toutes heures, qui transforment leur tout moyen de locomotion en bruiteur à forte nuisance. Les chiens qui aboient pour n’importent quoi (plus ils sont petits pire c’est !). Ceux produits par des égos surdimensionnés (la castafiore qui répète pour le bêtisier de « the voice », le businessman qui nous informe du cours de la bourse en direct, ou juste le clampin du coin qui à une vie si passionnante qu’il se sent obligé de la partagé à 100m à la ronde). Ou encore le voisin qui attaque à la perceuse à 7h du mat’ pour se venger de celui qui a fait la fête chez lui jusqu’à 4h la veille (enfin le matin même du coup).

Les odeurs me nuisent. Celles dégagées par ceux qui fument en marchant devant toi, à coté de toi. Celles dégagées par les merdes de chiens que leurs proprios n’ont pas jugé nécessaire de ramasser. Celles des hommes qui se vident (par le haut ou par le bas) dans la rue après avoir trop bu (quoique certaines personnes sobres le font aussi). Les joies de vivre dans une ville « festive ».

Les comportements me nuisent. Il y a ceux qui préfèrent te rentrer dedans que de faire un pas de coté pour que tu puisses les croiser sans te manger le mur. Ceux qui foncent dans le tas pour rentrer dans le métro bondé sans attendre qu’il se vide. Ceux qui te demandent une « petite » pièce (de 2€) tous les 50m, et qui t’insultent en cas de refus. Ceux qui se garent sur les trottoirs t’obligeant à marcher sur la route, et ceux qui se garent en double file créant un embouteillage dont ils ont rien à faire. La vendeuse qui ne répond pas à ton bonjour quand tu rentres mais qui te balance un « au revoir » bien agressif si tu sors sans achats. Le flic, le vigile qui t’emmerde toi car c’est plus simple que d’aller s’occuper de ceux qui font le bordel à coté et qui n’ont pas l’air sympa. L’agent administratif qui te dit, après 30min de queue, qu’il ne peut rien pour toi alors que tu ne lui a encore rien demandé. Le médecin qui te refuse pour 3min de retard mais ne voit pas pourquoi il s’excuserait quand il te prend 2h plus tard que prévu.

Bref, la liste pourrait être encore très longue mais je pense que vous avez saisi l’idée.

Il m’arrive parfois de perdre patience et d’interpeller certains « nuisibles » sur leur attitude. Généralement, ils ne voient pas où est le mal. Dans tous les cas, ils s’en moquent. Certains se justifient en disant que d’autres font pareil, ou pire, et qu’en gros, puisqu’ils se font emmerder, ils peuvent bien être des emmerdeurs à leur tour.

Je sais, je vis dans une grande ville, du coup je bénéficie d’un condensé humain et donc, en proportion, d’un condensé d’abrutis et de nuisibles. Je vis dans une ville du sud, ce qui n’aide pas non plus puisque la chaleur décuple les odeurs et permet aux gens de vivre dehors plus facilement, plus souvent et donc de nous faire partager un morceau de leur vie. Mais est-ce parce qu’on porte une jupe qu’on peux nous mettre une main aux fesses ?

En grandissant, je perds de ma naïveté. Je suis obligée de sortir de mon monde de bisounours pour me confronter à la vie réelle. Si j’ai toujours privilégié une, deux ou trois belles amitiés à une bande de potes, c’est peut-être parce qu’une bande de potes, c’est une mini-société avec des dominants, des dominés, des « jeux » de pouvoir où l’on critique son soi-disant copain pour se faire valoir auprès des autres, et que déjà ce système me déplaisait.

Je ne suis pas quelqu’un de fragile, quelqu’un qui n’aimerait pas la société car elle s’y trouverait en position de faiblesse. P’tit bout de femme, je ne me sens pourtant pas victime de ce harcèlement de rue qui fait l’actualité en ce moment. J’ai une attitude et une personnalité qui écarte naturellement une part des agresseurs. Quant à la part qui s’y risque, elle s’y pique. Alors non, je ne suis pas victime du harcèlement de rue, j’en suis juste fatiguée. Et ce qui me fatigue encore plus c’est que le harcèlement de rue n’est pas seulement sexuel ou sexiste. Il est permanent, créé par la succession et l’accumulation de situations et comportements désagréables et agressifs généré par tout un tas de personnes qui ne voient pas où est le mal.

Là, je sature. Je rêve d’une île déserte. Le beau temps est revenu, la nature se réveille. La nature humaine aussi. Et, j’avoue, je ne la trouve pas belle.

Suis-je asociale ? Oui…

Non pas, que je ne sache pas vivre en société, mais c’est juste que ça ne me plait pas et que je m’en passerais bien. Ce qui m’effraie : que la société continue à évoluer comme elle le fait et que ma répulsion s’aggrave.

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7 réflexions sur “Asociale

  1. Oh comme je te rejoins sur bien des points… Je sature aussi, et ça devient un cercle vicieux. Je me dis que pour ne pas finir par détester Paris et les parisiens, il faudrait que je m’en éloigne…

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  2. Hoooo copine!!! Tu as résumé tout ce que je pense!!!
    Alors comme on dit qui se ressemble s’assemble et mon mari me dit que je suis asociale. Donc vue qu’on s’est très vite bien entendue toi et moi j’ai bien peur que toi aussi tu sois asociale!
    Quand on me dit ça je répète : « non j’aime juste pas perdre de temps avec les cons ». Ce a quoi mon mari réponds que je suis asociale et hautaine lol.

    Ma mère s’est excusée un jour de nous avoir « trop bien élevée » ma sœur et moi. Elle entendait par là que si on était plus sans gène et indifférentes au bien être des gens qui nous entourent on se sentirai surement moins agressées par le monde extérieur.

    Du coup je fais quoi avec mon fils? Je l’élève dans mes valeurs au risque qu’il ne se sente pas a l’aise dans la société d’aujourd’hui? Je le laisse devenir lui aussi une plaie pour la société pour qu’il soit heureux de vivre entouré de sans gène? Je m’exile sur une île?

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