Bien chez soi

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Faire comme chez soi – se sentir chez soi – on est jamais aussi bien que chez soi…

Mais « chez soi » c’est quoi ? C’est où ?

Ma petite vie a déjà connu sept domiciles. Mais je ne suis pas sûre qu’ils aient tous été des « chez moi ».

Les deux premières années de ma vie se sont déroulées dans la région parisienne. Comme beaucoup de fonctionnaires, mon père a démarrer sa carrière en Île-de-France. Mes parents y ont vécus cinq ans avant de pouvoir rentrer chez eux, c’est-à-dire en Bretagne. Je n’ai aucuns souvenirs personnels de cet endroit. Les seules traces qui m’en restent se résument à quelques photos. Bien que ce lieu ait accueilli les premiers jours de ma vie, je ne le considère pas comme un chez moi et je ne pense pas l’avoir fait un jour. D’ailleurs je n’y suis pas née. Mes parents étant « pur beurre » (demi-sel), et ce, depuis de nombreuses générations, il était hors de questions pour eux que je sois « parisienne ». Ma mère a donc passé les dernières semaines de sa grossesse chez sa mère, en Bretagne donc, pour éviter de dénaturer ma carte d’identité.

Ayant décrocher le Graal, à savoir une mutation pleine ouest, nous avons déménager pour un nouveau chez nous. Enfin, un « chez mes grands-parents paternels ». Nous y sommes restés plusieurs mois, le temps que mes parents trouvent leur maison. Si mon père s’est bien senti chez lui pendant cette période, ce n’était absolument pas le cas de ma mère. Et j’avoue que pour moi non plus. Cette maison a toujours été « chez papy et mamie ».

La petite maison dans la prairie dénichée, nous avons migré vers ce lieu qui a abrité toute mon enfance et mon adolescence. Il a été mon premier chez moi. J’y ai grandi, j’en ai plein de souvenirs. Cette maison était ma maison familiale, mon repère, mon foyer pendant de nombreuses années. Un vrai chez soi. Aujourd’hui encore elle reste encore une part de mon identité (malgré sa vente suite au divorce de mes parents) car son adresse figure sur mon permis de conduire.

Ce chez moi était en fait un chez nous car je le partageais avec mes parents et ma sœur. En devenant étudiante, expatriée à Nantes (n’en déplaise à personne mais Nantes, ce n’est pas la Bretagne même s’ils ont les ducs, le château qui va avec et la tour)(et oui, la Bretagne est une patrie), j’ai découvert mon premier chez moi, rien qu’à moi !!! Et le dédoublement de personnalité… Quand j’étais sur Nantes je parlais souvent de mon chez moi en Bretagne (celui de mes parents). Et quand j’étais chez mes parents (chez moi donc) si je parlais de mon « chez moi », il fallait comprendre que je parlais de mon logement nantais ! En fait, j’avais deux chez moi, tout simplement (ou presque).

Mes études m’ont conduite à partir vivre un peu plus loin. En Espagne. En Galice plus exactement. J’y suis partie de plein gré et je pense y avoir passée la meilleure année de ma vie (même si paradoxalement, j’y ai aussi vécu certaines épreuves de la vie difficiles). Et pourtant je n’ai pas le sentiment de m’y être jamais sentie chez moi. J’y avais mon appart, enfin ma chambre au sein de ma colloc, avec ma petite vie et ses habitudes (locales en grande partie). J’y étais bien mais au fond de moi je savais que c’était temporaire, que je finirais par rentrer chez moi. Ce chez moi désignait alors la Bretagne. La Bretagne en générale, car bizarrement chez mes parents, ce n’était plus vraiment chez moi. Mon chez moi physique était plus mon chez moi nantais (que je savais retrouver à mon retour car je l’avais sous-louée en mon absence).

Et la vous pouvez entrevoir une petite partie de ma simplicité mentale : chez moi, c’est la Bretagne, mais mon chez moi est à Nantes. Nantes qui n’est absolument pas en Bretagne !

Bref, après un an en Espagne, je suis rentrée chez moi (prenez celui que vous voulez puisque j’ai passé du temps dans l’un comme dans l’autre). J’ai fini mes études et rejoint mon amoureux installé à Toulouse. Mon chez moi nantais n’était plus qu’un souvenir que j’échangeais contre un nouveau chez moi-chez nous. Il avait été un véritable chez moi et pourtant, un fois parti je n’y avait plus aucune attache.

Mon amoureux étant aussi breton nous avions tous les deux notre chez nous quotidien toulousain et notre chez nous « Bretagne ».

Pour les vacances nous rentrions chez nous. C’est-à-dire en Bretagne, mais aussi et plus précisément, soit chez les parents de l’amoureux (qui se considère effectivement chez lui quand il est chez eux), soit chez ma mère ( mon chez moi de l’enfance ayant été vendu), lieu que je ne pourrais jamais considérer comme un chez moi.Donc la Bretagne c’est toujours chez moi même si je n’y ai plus de chez moi (toujours simple, non ?)

Mais, au quotidien, chez nous, c’est aussi Toulouse. D’ailleurs pour nos familles nous sommes devenus « les toulousains ».(Alors qu’à Toulouse nous sommes « les bretons ». Faudrait savoir… Mais peut-être que si nous le savions nous-mêmes, ce serait plus facile pour notre entourage.)

Définir où est-ce « chez nous », c’est définir une partie de son identité.

Je dirais que nous sommes bretons de cœur, de culture, de famille et nous sommes toulousains, géographiquement, fiscalement, professionnellement. La cuisine au beurre gagne toujours sur celle à l’huile d’olive dans notre cuisine, le pain au chocolat sur la chocolatine. Le biniou est quelque chose que l’on supporte très bien et nous ne sommes pas paniqué par trois gouttes de pluie (on n’est pas en suc’).

Mais…. (oui parce qu’il y a un mais….) cela va maintenant faire huit ans que je vis à Toulouse. Et cette ville rose gagne peu à peu du terrain dans notre cœur : l’huile d’olive est rentrée dans la cuisine, les poches ne sont plus forcément intégrés à mes vêtements. On supporte 40° l’été (la canicule ne démarre plus à 25°). Maintenant je mange des cerises, et non plus des « sriz » mais pas encore des ceuuriseuux. Et oui, après le cœur, la culture locale me gagne petit à petit. Et si un jour nous avons notre propre famille, je ne me vois pas rentrer en Bretagne, juste pour faire des petits bretons. Ils seront toulousains et donc ma famille deviendra toulousaine…

Pendant longtemps nous rentrions en Bretagne et repartions sur Toulouse. Aujourd’hui, parfois nous rentrons en Bretagne, parfois nous allons en Bretagne. Avant nous repartions sur Toulouse, aujourd’hui nous rentrons sur Toulouse.  Je sens que les choses changent, que le temps y travaille.

Bref, je temps joue beaucoup dans la notion de chez soi. On perd des habitudes, on en gagne d’autres. Le sentiment de bien-être y contribue aussi. Comme beaucoup de choses de la vie, c’est une notion qui évolue.

Aujourd’hui chez moi, c’est à Toulouse, mais c’est encore la Bretagne. Demain peut-être cela sera Toulouse.

(et encore un peu la Bretagne).

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3 réflexions sur “Bien chez soi

  1. Réflexion très intéressante et juste ! Pareil pour moi, j’ai pas mal valdingué en Suisse romande avec un petit crochet à Bâle (études et début de vie professionnelle), en me rapprochant toujours un peu plus de mon Jura (suisse) natal, où mes parents habitent toujours et où j’ai grandi, au coeur des Franches-Montagnes. Depuis quelques mois, je suis même redevenue 100% Jurassienne (même si je l’étais toujours restée), car j’habite et travaille dans mon canton.

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  2. J’adore rentrer chez mes parents. Cette maison que je connais (connaissais vue qu’ils commencent à faire des travaux) par cœur. Cette odeur quand j’ouvre la porte. Ma chambre d’adolescente et tout ce que j’y ai vécu.
    Et puis il y a quelques jours alors que je parlais avec des connaissances sur un forum de l’endroit d’ou on venait je me suis rendu compte que dans peu de temps j’aurai passé autant de temps dans cette maison qu’ailleurs… (oui moi a 19 ans je me suis barrée sinon je serais devenue folle mais c’est une autre histoire).
    Et puis avec bébé qui arrive je me suis surprise à dire qu’on allait passer Noël « chez nous » et j’ai d’un coup compris. Chez moi c’est là ou se trouve mon mari et mon fils (une fois qu’il aura évacuer mon intimité. L’avis d’expulsion ne va pas trop tarder…). Ma maison d’adolescence est maintenant devenue chez mes parents. J’ai toujours les clés mais je ne me vois plus les utiliser. La transition s’est faite en douceur parce que j’ai pu m’en séparer à mon rythme.
    Mon mari a plus de mal. Ses parents ont vendu la maison de son enfance dès qu’il a quitté le foyer. Mais il n’était pas prêt du coup son cœur hésite encore avec cette maison qu’il a tant aimé et qu’il aimerait du coup retrouver avec moi. Comment être sûr qu’il ne se sentirai plus chez lui la bas vue qu’on ne lui a pas laisser le temps de s’en séparer.

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