Un an déjà

Un an déjà.

Une année que je n’ai pas vu passée.
Une année que j’ai l’impression d’avoir gaspillée.
Pas grand-chose à cocher sur ma liste de choses faites. Pas de voyages à noter. Pas de nouvel amour rencontré. Pas d’appart racheté. Pas de CDI signé. Pas de souvenirs mémorables emmagasinés. Beaucoup de frustration, d’impatience et de larmes.

Et pourtant… Un an déjà ! Une année que je n’ai pas vue passée…
Un an que j’ai déménagé. Un an qu’une page a été tournée. Qu’un nouveau chapitre a commencé.

Un an qui m’a vu changé.

Il y a un an j’ai sombré. Le corps a lâché ce que le mental tentait de masquer. Incapable de me déplacer, incapable de m’alimenter, incapable de rester éveiller. J’ai perdu pied. Je me suis vue couler. L’eau, le feu. Paradoxalement cette noyade a laissé une terre brulée…

Une terre brulée où peu à peu la vie a repoussé.

A l’image du renouvellement paysagé, le feu a transformé ma vie partie en fumée en nutriments pour nourrir celle qui est venue la remplacer. J’ai fait table rase du passé mais j’en garde une expérience qui m’aide à bien avancer.

Petite pousse encore fragile, je prends garde à ne plus me laisser blesser, ni oppresser. Je me focalise sur la lumière pour mieux grandir. Je me nourris au maximum d’ondes positives. Je prends garde aux parasites.

Je ne sais pas encore très bien où je vais mais je sens que le chemin sera différent.

J’apprends. J’apprends cette patience qui me manque temps. Je découvre. Comme un enfant je m’émerveille des petites choses du quotidien. Je cultive mon bonheur car il est l’essence de la vie. Il y a encore, et aura toujours, des jours de pluie mais j’arrive à me dire que sans elle il n’est pas possible de grandir. Je ré-apprends la vie avec un point de vue différent.

Cette année n’a pas été une année gaspillée.

Si de l’extérieur le tableau n’est pas mirifique, de l’intérieur qu’elle a été très riche. Celle que j’étais avant cette année passée est fort différente de celle que je suis aujourd’hui. Et c’est tant mieux car je vais mieux. On me dit que je suis plus épanouie. Et je pense, qu’effectivement, je le suis.

Je me suis enrichie.

Enrichie de nouvelles expériences, de nouvelles rencontres, de nouvelles perspectives, de nouveaux espoirs, de nouvelles envies. D’une nouvelle confiance en la vie. J’ai découvert de nouvelles facettes de moi-même : des facettes lumineuses qui me rendent heureuse.

Cette année fut très chargée. Parfois lourde à porter. Mais ce fut une belle année. Pas forcément pour ce qu’elle a été mais pour ce qu’elle va permettre d’être aux suivantes.

Merci à la vie.

Merci à celleux qui sont partis de ma vie et à celleux qui en font partie. Merci aussi à celleux qui, un jour, en feront partie.

Un an déjà.

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Les petits bonheurs d’avril

Avril, nouveau mois, nouveaux bonheurs :

  1. Une journée ski : le grand air, l’espace, la nature, la glisse, un sentiment de liberté, la pleine conscience de son corps. Une météo printanière, une neige fraîche de la veille. Un moment partagé. La sensation d’assainir son corps et son esprit. Une journée de sérénité, de… bonheur !
  2. Sortir de ma zone de confort pour un plan qui s’avère foireux un chouïa pas au point, me mettant dans une situation encore plus hors de ma zone de confort. En prendre son parti et s’apercevoir que je gère plutôt bien. Et même : j’apprécie, je me sens bien. Et j’apprécie de savoir apprécier ! Un cercle vertu en fin de compte.
  3. Un jour férié ! Bien placé pour récupérer, prendre soin de soi et prolonger ce sentiment de sérénité qui m’habite depuis la veille. En ce jour dédié au chocolat, j’ai choisi de ne pas en manger, vu que je m’en régale bien trop quasiment tous les autres jours de l’année.
  4. Sentir l’herbe fraîchement coupée.
  5. Ne pas me laisser abattre par les obstacles matériels. Une envie de fondue et pas d’appareil ? Bah, coup de fourchette direct dans la casserole sur le feu ! Humm…
  6. Faire des pique-niques sur la pause déjeuner du boulot. Le printemps est là !
  7. Checker des points qui traînent depuis plusieurs semaines/mois sur ma liste de choses à faire.
  8. Etre envahie d’une grosse flemme tout le weekend mais s’être engagée auprès d’une amie. Donc sortir quand même mais sans motivation. Et finalement passer un très bon moment et rentrer pleine d’energie.
  9. Envisager le pire et constater que finalement rien n’arrive. Ma tour Jenga est toujours là. Debout et entière. Enfin avec encore un trou qui effraie tant.
  10. Les soirées lumineuses de l’heure d’été.
  11. Se surprendre de nouveau devant le constat de mains qui soignent.
  12. Observer les intenses variations du ciel. Quand celui-ci passe du bleu pastel à l’encre bleue. Quand les éclairs zèbrent la nuit. Quand le vent te force à rester à l’abri. Quand la pluie semble ne plus s’arrêter. Quand le soleil se remet à chauffer…
  13. Me faire voler mon vélo. Je m’explique. Le vélo en question était le cadeau de mes douze ans. Ce qui lui faisait (ou fait si il poursuit sa vie en meilleure compagnie) une belle vingtaine d’années. J’ai beaucoup de mal à jeter ou à me séparer des choses en général. Des cadeaux surtout. Du coup je ne savais pas trop quoi en faire. Pas envie de m’en séparer et en même temps pas franchement besoin non plus, mon mode de vie me faisant préférer le velib’. Et puis pour m’en servir il aurait fallu lui rendre un petit coup de fraîcheur (pneus, freins, graisse, éclairage). Or, je ne me sentais pas de faire ça moi-même et pas le temps/energie/motivation pour l’envoyer en atelier. Bref, suite à mon déménagement en mai dernier, mon deux-roues pesait paisait légèrement hors-service dans le local vélo de mon immeuble avec une liberté relative car dans un local à clef mais sans anti-vol car je n’avais plus la clé de ce dernier pour le positionner de façon utile. Dans un élan d’intérêt (11 mois plus tard…) j’ai donc été le voir. Mais il n’y était plus. Et bizarrement le premier sentiment perçu fut du… soulagement ! Soit la gardienne l’a jeté sans avoir mes états d’âme et a donc fait ce que je n’arrivais pas à faire, soit il a fait la joie d’un.e autre, ce qui ferait dans ce cas un peu la mienne. En s’envolant, les pensées qui m’encombraient l’esprit à son sujet se sont envolées aussi.
  14. Pédaler pour la bonne cause. 1km -> 1€ pour les enfants hospitalisés. Opération Carrefour
  15. Une session détente (bains chauds, bulles, jets, hamam, sauna) entre copines.
  16. Se lancer S’acheter des fleurs. Y’a pas de mal à se faire plaisir ! Dédicace à Zénopia.
  17. Manger des fraises les pieds nus dans l’herbe avec des lunettes de soleil.
  18. Ranger les bottes de chantier et sortir les chaussures de sécurité d’été.
  19. Commencer à ne plus avoir besoin d’utiliser le seche-cheveux.
  20. Re-Mettre shorts/jupes/robes sans collant !
  21. Découvrir un petit coin de Paradis, littéralement à mes pieds, sous mes fenêtres, sous mon nez. Se dire que, des fois, le bonheur est sous nos yeux et qu’on met étrangement beaucoup (trop) de temps en s’en rendre compte.
  22. Passer du temps avec ma mère, ma soeur et ma nièce.
  23. Aller à la plage.
  24. Faire quelques heures de télétravail pour pouvoir partir bien plus tôt en mini-vacances.
  25. Jouir de ces mini-vacances. La mer, le soleil, les palmiers, la famille, les petits bonheurs simples.
  26. M’émerveiller devant la capacité d’un petit bout d’à peine 2 ans à vivre l’instant présent, à vivre ses émotions intensément.
  27. Me créer de nouveaux beaux souvenirs.
  28. Me sentir utile en aidant mes proches.
  29. Me découvrir une nouvelle envie, un nouveau centre d’intérêt. Un peu étrange, peu cartésien. Même si je ne suis pas sûre d’assumer encore pleinement.
  30. Ré-ouvrir la saison des glaces. Celles qui se dégustent…

Et vous, vos petits bonheurs d’avril ?

Les petits bonheurs de Mars

Troisième édition des petits bonheurs du mois. Sans plus palabrer, voici les 31 moments de mars :

  1. Une attention chocolatée. Un petit rien qui compte beaucoup.
  2. Une belle journée printanière après une semaine très hivernale. Pour une meteosensible comme je suis, ca fait vraiment du bien. En profiter pour faire une belle balade.
  3. Se reveiller avec un rayon de soleil, une douce brise et une personne charmante pour me réchauffer.
  4. Publier un nouveau billet sur ce blog dans l’esprit premier de celui-ci. A savoir tenter de répondre à une question forte de ma petite vie.
  5. Se coucher tôt et se reveiller bien avant le réveil !
  6. Session coiffure : détente et papotage pour sortir en se trouvant belle.
  7. Prendre le temps de faire de « belles » photos au boulot. Trouver de l’esthétique dans le capharnaüm du chantier.
  8. Voir, entendre, sentir et ressenrir les prémices du printemps.
  9. Sortir sans manteau (et sans avoir froid évidement).
  10. Retrouver une ambiance plus sereine entre collègues.
  11. Faire un craquage shopping. Dépenser sans compter (mais en restant raisonnable). Acheter enfin des éléments qu’on avait en tête depuis plusieurs mois. Acheter pour répondre à un « besoin » qui fait suite à un changement de vie, de corps et d’esprit.
  12. Couper le chauffage. Même si ce n’est que temporairement.
  13. Passer du temps avec des ami.e.s. prendre conscience qu’on a tous plus ou moins de m**des dans ça vie ; que chacun.e les gère à sa manière. Et que je m’en sors plutôt bien de ce côté-là.
  14. Prendre conscience du chemin parcouru sur l’année passée. En être heureuse et se sentir confiante pour poursuivre.
  15. Aller au théâtre et passer un bon moment à rire. Merci « Toulousains ! »
  16. Écouter le bruit de la pluie, fenêtre ouverte avec l’orage qui gronde au loin.
  17. Penser aux vacances, aux ponts et longs weekends à venir. Faire des projets à ce sujet.
  18. Manger les premières fraises de la saison. Ok, c’est la saison espagnole mais ça fait plaisir quand même.
  19. Démarrer un nouveau chantier : le plaisir de la page blanche, enfin du terrain vierge (ou presque).
  20. Faire une soirée au champagne.
  21. …où tout le monde est en quasi noir intégral. Parce que le noir, c’est classe. Et être en dominante rouge. Apprecier de se sentir décalée de la société car c’est pour être du « bon » côté. Celui de la liberté, de la vie, de la joie.
  22. Retourner sur un de mes lieux de travail, un samedi, sous la pluie, pour faire des photos. Parce que c’est Ma’ qui m’a dit. Et que la lumière était très jolie et les flaques propices aux jeux de reflets.
  23. Recevoir une proposition de « débauche« . Dis comme ça c’est un peu bizarre, surtout avec le rythme de vie que j’ai actuellement. Du coup, il est préférable que j’eclaircisse mon propos : une entreprise m’a très gentiment, et sérieusement, fait comprendre qu’elle recrutait et qu’elle me recruterait bien. Et ce sous les yeux et les oreilles de mon patron !
  24. Sortir de ma zone de confort en testant de nouveaux endroits, rencontrant de nouvelles personnes.
  25. Me replonger avec délectation dans les livres.
  26. Avoir du rab chez le traiteur.
  27. Recevoir un faire-part. De l’autre bout du monde. Se faire une joie de partager un moment heureux important.
  28. Tester une adresse mythique de toulouse : la Pastaschuitta. Après une décennie dans cette ville, il n’est jamais trop tard.
  29. Retourner au théâtre. Pour là encore checker un classique : les monologues du vagin. Cette pièce devrait être obligatoire car d’intérêt général. Entre deux rires aux larmes il y a des rappels de faits sérieux et peu glorieux
  30. Recevoir de manière rapporté un compliment professionnel de quelqu’un peu habitué à en distribuer.
  31. Planter des graines de « fleurs d’été » et les voir germer, pousser quasi à vue d’oeil !

Etre une femme libérée c’est pas si facile…

Petite musique dans la tête ? Ce n’était pas le but, mais vous pourrez l’écouter plus bas… Aujourd’hui, j’aimerais dire « comme tout le monde le sait », c’est la journée internationale des droits des femmes. Et non « journée d’la femme ». Le premier qui me dit bonne journée risque d’être mal reçu et celui qui m’offre une fleur a plus de chance d’avoir une grimace qu’un merci. Et encore c’est parce que je prends sur moi de ne pas lâcher mon agressivité sur l’ignorant.

Aujourd’hui, c’est une journée pour réfléchir. Réfléchir à plus d’égalité entre hommes et femmes. Réfléchir au pourquoi de ces différences et réfléchir à la manière de les atténuer (à défaut de les supprimer). Malheureusement, notre société tellement est ancrée dans un schéma patriarcal et de consommation que cette journée à l’origine « philanthropique » a basculé pour la majorité dans une célébration de la femme en tant qu’objet sexuel. Soit exactement l’idéologie contraire de la base de cette journée !

journée de la femme
BuzzFeed France

Ainsi plutôt que de remettre en question nos façons de d’être et de faire, la plupart contribuera à renforcer le cliché. Est-ce que certains iront jusqu’à faire des promotions sur les faire à repasser ? J’ai bien peur que oui. Il est évidement en tout cas, que les offres de lingerie, parfums et cosmétiques fleuriront pulluleront. Car l’essentiel n’est pas d’être belle et de se taire ? Pourquoi parler ? Pour se plaindre de notre condition ? Mais de quoi aurions-nous besoin de plus ? Un salaire cohérent avec nos qualifications et équivalent à celui nos collègues masculins ? Quelle drôle d’idée… La possibilité de se balader dans l’espace public sans crainte ? Mais pourquoi, puisque les hommes sont là pour nous protéger (…de leur congénères). Plus d’équité dans le partage des tâches domestiques ? Mais voyons, l’homme « aide » de plus en plus à la maison. Et puis vous avez vu ce nouveau lave-linge qui sèche aussi ? Si c’est pas une invention de génie de l’homme pour « aider la femme ». Vous noterez qu’on part toujours du principe que les avancées viennent des hommes. Pierre et Marie Curie ça vous parle ? Ça serait-bien. Vouloir une langue moins sexiste ; encore une idée farfelue, non ? Si j’ai parlé plus haut de philanthropie (= bienveillance envers l’homme), c’est seulement parce que l’équivalant féminin, même neutre, n’existe pas. Si j’écris philogynéopie qui va me comprendre ? Pas l’académie française en tout cas.

Je pourrais écrire longtemps sur toute cette frustration et colère que génère chez moi cette journée irrespectée, mais j’ai plutôt envie de vous faire part de mon vécu personnel en tant que femme, des droits que je me suis accordée en conséquence. Vous l’aurez compris la question du jour est : Quels sont les droits que je m’accorde en tant que femme ?

Si certains problèmes relèvent de la légalité, la plupart sont des diktats de la société. Rien est écrit, peu est dit, mais tout est fait pour que le message soit bien appris.

Mon coté zèbre, m’a toujours mis dans la case des rebelles. Petite les poupées m’horrifiaient. Moi, ce qui me plaisait c’était les petites voitures. J’adorais. Surtout les majorettes qui changeaient de couleurs en fonction de la chaleur. J’adorais également grimper dans les arbres et y faire des cabanes (les joies de grandir à la campagne). J’adorais faire des roulades dans l’herbe. J’aimais le foot, le rugby et les maths. Un vrai garçon manqué… Et alors ??? ! Qu’est-ce que ça peut bien faire aux autres ? Rien de mal. Alors pourquoi vouloir m’en empêcher, puisque ça me fait du bien ? Et puis, j’aimais (et aime toujours) la danse. La lecture aussi. Mais ça, tout le monde s’en fiche. Une fille à le droit d’aimer la danse et la lecture mais pas le foot, le rugby, les maths, se frotter à la nature et les petites voitures. Et bah, moi si ! Très tôt je me suis approprié ces droits. C’est droit qu’on ne me donne pas, j’ai été les chercher. La liberté s’arrête là, où commence celle des autres, alors je peux faire un bon bout de chemin.

Quelques années plus tard, j’ai choisi de faire de l’architecture mon métier. Je voulais bâtir mes rêves. Au sens propre : Créer et réaliser. Je voulais être architecte ! Oui, oui, oui, c’est bien beau tout ça, mais architecte c’est six ans d’études. Tu es sure d’être capable ? Tu es sure de ton choix ? Non, parce que c’est très masculin quand même… Sinon y’a un BTS pour faire archi d’interieur si tu veux. Bah, non, justement, c’est pas ça que je veux. Pourquoi voudrais-je me restreindre à l’intérieur ? Pour faire une future femme au foyer ? Sérieux, celui qui m’a sorti ça ne me connaissait vraiment pas. Ce conseiller d’orientation venu haranguer les élèves pour leur dire de croire en eux, d’avoir de l’ambition, « y compris les filles » (!!!), à tout fait pour déstabiliser et démotiver la seule qui osait le faire. Autant vous dire qu’il a été bien reçu… J’ai pris le droit de choisir et suivre ma voie, de sortir des clichés et de prendre une filière dite masculine. Petite victoire aujourd’hui les nouvelles générations tendent à rétablir l’équilibre dans ce domaine, en tout cas.

Et puis, dans ma vie, il y a eu un accident. Un accident de vie. Je suis tombée sur un gros porc. Mon gros porc. #MeToo . Ce n’ai pas un sujet que j’ai envie d’aborder longuement ici car c’est bien trop intime. Ce que je veux vous juste dire, c’est que j’ai pris le droit de demander justice pour la violation de mon corps. J’étais la septième de sa liste !!! La septième identifiée en tout cas… Mais seulement la première à oser porter plainte ; la première à faire valoir son droit au respect de son corps. Mais aussi la seule. La seule à affronter son regard. La seule à lui faire faire un stop par la case prison. La femme n’est pas un objet sexuel. Une femme n’est pas une chose. Le corps d’une femme n’appartient qu’à elle-même.

viol

Le corps d’une femme n’appartient qu’à elle-même. Et c’est à ce titre que je considère que le droit à l’avortement comme un droit primordial pour les femmes. Le fœtus est un ensemble de cellules incorporés à un ensemble plus grand. Prioriser le fœtus, c’est prioriser un ensemble de quelques cellules en allant à l’encontre d’une personne entière, vivante et sensible. C’est partir du principe que la vie d’une femme compte moins qu’une vie qui n’existe pas encore. Je n’ai jamais eu à user de ce droit et j’espère ne jamais être confronter à faire ce choix. Cependant, je trouve indispensable d’avoir cette possibilité de recours. L’expérience me semble suffisamment traumatisante pour qu’on ait pas, en plus, à devoir se battre pour gérer ses entrailles. Ce droit a été très tardivement et très difficilement acquis. Sur ce point je dirais juste : Merci Simone ! Simone de Beauvoir évidement. Celle qui a tant œuvré pour les droits des femmes. Celle qui nous a aussi prévenu : N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. Et vu, le climat actuel, je dirais que ce conseil est à prendre on ne peut plus au sérieux. Malheureusement…

droit avortement

Avant d’en arriver à cette extrémité, je profite de mon droit à la contraception. La vrai clé du plaisir partagé. Quelque soit le moyen utilisé. Parce que y’a beau dire, en cas de procréation non souhaitée, il est beaucoup plus facile pour l’un que pour l’autre de se dépatouiller de la situation. Pas besoin de préciser qui de l’homme ou de la femme va le plus trinquer. Alors, rien de mieux qu’un peu de sécurité pour gagner en sérénité, et donc, en liberté. Et pour le coup, c’est, je pense, indubitablement gagnant-gagnant. Quelque soit le genre de l’humain. Enfin si sur le papier c’est l’invention rêvée, on est quand même encore loin de l’équité car pour mieux profiter les hommes font en grand majorité porter et supporter cette responsabilité aux femmes. Et, aux vues des moyens dont nous disposons, les femmes se retrouvent bien trop nombreuses à être contraintes de se dérégler aux hormones. Et par voie de fait, à voir leur nature perturbée (poids, peau, circulation sanguine, libido, sensibilité…). D’ailleurs si la pilule masculine n’est toujours pas sur le marché, c’est parce que ces pauvres choux ont bien trop d’effets secondaires ! Et nous ???! Bah, on s’en fout moque. On est priée d’être reconnaissante du contrôle des naissances et de la fermer sur le sujet des à cotés.

Après « la fermer », c’est le message qu’on nous fait passer depuis des centaines d’années. Or, je réclame le droit de parler. De parler de mon porc. De parler de mes droits, de parler de ma féminité. Tiens, : les règles ! L’expression même de la féminité. Le sang… symbole de la vie et de la mort. Les règles sont l’incarnation de notre fécondité. Le cadeau fardeau de dame nature. Si tu peux être heureuse quelques instants de les voir couler car tu te sens rassurer de ne pas être embarrassée, tu sais surtout que tu es partie pour plusieurs jours à morfler. Physiquement, déjà, pour nombre d’entre nous. Avec une intensité variée, ok, mais rappelons que 10% des femmes sont atteintes d’endrométriose. Maladie méconnue et mal soignée car réservée à la gente féminine. Et puis socialement car tu vas te surveiller, chercher à pouvoir te changer, te laver, tu vas te sentir observée, jugée et rabaissée. Parfois à tord mais aussi parfois à raison. Laquelle de nous ne s’est jamais sentie morte de honte d’avoir une tache rouge au niveau de l’entrejambe ? Pourtant sur la base moyenne de cinq jours de règles toutes les quatre semaines, il y a permanence une femme sur six de notre entourage concernée. De quoi banaliser la chose, non ? Le droit de parler, je le prends aussi, ici, avec ce blog. Je ne sais comment cet article sera reçu. Tant pis je me lance. Prendre le droit de parler, c’est se mettre en danger car on prend le risque d’être contestée voire rejetée. Mais c’est aussi le seule moyen d’être entendue, voire reconnue. Couper la parole à quelqu’un est assimilé à une impolitesse mais c’est surtout une volonté de dominer. Pour établir une équité, nous devons donc apprendre à parler, enfin nous devons apprendre à prendre la parole et apprendre à nous faire écouter pour nous faire respecter.

Cette prise de parole est plus ou moins compliquée selon le contexte. Pour ma part, j’ai dû apprendre à me faire entendre sur chantier. Milieu hostile à la féminité par excellence. Mais il n’y a aucun raison fondée à cela. J’ai donc pris le droit de prendre ma place dans ce monde. La biologie nous ayant fait différent.e.s, l’égalité n’est pas possible mais l’équité si. Je n’ai ni la voix grave qui porte à 50m en couvrant les marteaux-piqueurs, ni la force de porter 50kg de ciment. En même temps ce n’est pas ce qu’on me demande. On me demande d’ordonnancer, piloter et coordonner. Et cela peut très bien se faire sans élever la voix et surtout sans force. J’ai parfois reçu des propos violents comme lorsque « on » m’a dit « je n’ai encore jamais frappé une femme sur chantier« . Au-delà de la menace à peine voilée, que comprendre dans ces mots ? Que cet individu à déjà frappé des femmes hors chantier ? Possible, puisqu’en France une femme meurt tous les trois jours sous la violence d’un homme. Ou que sur chantier il n’en a pas eu l’occasion et que de fait, il n’a pu frapper que des hommes ? Alors, dans ce cas, tu te retrouves à expliquer gentiment au Môssieur qui a deux fois ton age, que la violence n’est pas un moyen de communication ; qu’on soit homme ou femme. Cependant, il est sûr que s’il m’avait frappé, il n’aurait fait qu’un bouchée de ma petite personne. Faire respecter les droits des femmes, c’est simplement faire respecter les droits humains. C’est combattre la loi du plus fort et c’est dans l’intérêt de tous. Ce qui me rassure quand même c’est que ce milieu se féminise ; que le temps passant, les jeunes générations prennent la relèvent et que leur mode de pensée est bien plus ouvert et équitable que celui de leurs aînés. Les choses évoluent. Doucement mais surement. Et do=ans le bon sens. Ici en tout cas. Il ne faut juste pas lâcher. Rien lâcher.

Pas lâcher. Pas lâcher. Si il y a bien une chose que je n’ai pas lâcher non plus c’est mon nom. Pour ceux qui l’aurait raté, j’ai été mariée. Mon nom, dit de « jeune fille » , est en fait juste mon nom (celui qui pense au dîner de cons sort). C’est d’ailleurs mon seul véritable nom. Le nom « d’épouse » n’est qu’un nom d’usage. Pour l’histoire, ce changement de nom est lié a un changement de propriétaire. La femme en se mariant passe passait de la tutelle de son père à celle de son mari. L’un donnait la main de sa fille à un étranger qui la recevait. Donner sa main n’a rien de romantique quand on sait que c’est à prendre au sens propre et non figuré. Bref, j’ai donc usé de mon droit à garder mon nom. Et j’en suis d’autant plus heureuse que je me suis mariée pour divorcer quelques années plus tard. A changer de nom aussi régulièrement, on frôle la schizophrénie. On perd son identité et on se balade avec une étiquette « changement de propriétaire ». Notre seul nom légitime étant celui de naissance, notre ex est tout à fait en droit de nous interdire d’user du sien. Et donc de nous obliger à changer, renier notre identité. Faudrait pas salir son nom quand même… Je rappelle à tout fin utile que l’usage inverse est également possible mais bien trop répandu pour qu’il soit inutile de le rappeler. Je vous invite à lire ma réflexion plus complète sur le sujet ici.

Question de nom, question de mots… Le sexisme se loge partout autour de nous. Y compris dans notre langue. Alors, quand on sait que le langage est le reflet de notre pensée, il n’est pas surprenant qu’une langue sexiste donne une société qui l’est aussi. Comme je l’évoquais plus haut de nombreux mots sont basés sur la masculinité. Dans le meilleur de cas, la version féminine ou neutre est peu connu mais le plus souvent elle n’existe juste pas. La femme n’existe pas. L’égalité n’existe pas. Les droits de l’homme ! Et les femmes alors ? On s’en fout… Oui, la France était précurseuse (Ça vous pique les oreilles, hein ? Bah oui c’est du féminin. Qui existe en plus pourtant.) pour les droits de l’homme. La France, en avance, mais injuste. Cette déclaration a peut-être été reprise plus tardivement chez nos voisins mais au moins ils ont pris le temps de la corriger. Ainsi nos amis anglophones bénéficient d’un human rights act et non man rights act. Le plus triste c’est que la langue française n’était pas sexiste, elle l’est devenue. Au temps des lumières, les femmes ont sombré. Je trouve ça encore plus triste. Comment grandir avec un sentiment d’équité quand on nous rabâche des années durant que le masculin l’emporte sur le féminin ? Pour soigner nos maux, soignons nos mots ! Je milite donc pour une langue plus juste. Alors oui, l’écriture inclusive n’est ni la plus simple, ni la plus jolie (enfin question de point de vue) mais elle est la plus respectueuse et je souhaite ardemment qu’elle se développe et deviennent une évidence. Je n’en ai pas encore fait une assimilation complète mais vous ne serez pas surpris d’en trouver dans mes articles. Et surement de manière croissante.

La pensée se structure dès le plus jeune âge sous l’influence du contexte du développement de l’enfant. Je parlais de l’importance des mots, mais il y a un autre droit que je réclame celui des jouets neutres ! Le droit d’avoir les mêmes jouets qu’on soit fille ou garçon. Comment parvenir à l’équité, au respect mutuel et au respect de soi quand on nous conditionne à exacerber nos différences ?

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Pour le coup, c’est une régression. Des jouets que j’ai connu neutre lorsque j’étais enfant sont devenus sexués pour ceux d’aujourd’hui ! Pourquoi ? Pour vendre ! L’humain n’est plus qu’un consommateur. Si s’asseoir sur les valeurs permet d’augmenter le chiffre d’affaire, il semblerait que la notion de culpabilité soit envolée… Le jackpot c’est pour les adelphies (fratrie mixte), ça incite les parents à racheter un jouet qu’on a déjà mais dans l’autre couleur. On ne va quand même pas donner un vélo rose au petit frère ! Et le kinder !!! Pourquoi faire des kinders roses et des kinders bleus ? Sérieux !!! Je vais vous les vomir ces chocolats, tellement que ce concept me semble indigeste. Personnellement la démarche est contre-productive car je préfère renoncer au produit plutôt que de contribuer à ce système. D’autant plus qu’au-delà de la différenciation de couleur la différence sexuelle ce fait aussi sur d’autres points. Le jouet à l’intérieur répondra aux stéréotype grenés : petit voiture chez les garçons, mini-poupée pour les filles. Et bonus final : le prix ! Et oui, apparemment le rose coûte plus cher. Allez savoir pourquoi… Pour nous faire intégrer la taxe rose des le plus jeune âge ! L’égalité des prix n’est pas un droit acquis mais un droit perdu. La sexualisation des objets et des services a été accompagnée d’une taxe rose : un chemisier coûte plus cher au pressing qu’une chemise, un rasoir rose plus qu’un bleu, une coupe de cheveux est plus chère pour une femme que pour un homme et maintenant certains différencient même filles et garçons ! En quoi couper 10cm de pointes devrait coûter plus cher qu’une coupe homme avec des variations de longueur sur le dessus, le devant et les cotés ? Même l’allume-gaz rose est plus cher. Je me retiens d’hurler… Après j’ai envie de dire qu’il faut être bien conne pour choisir le rose dans ces conditions. Oui, je pars du principe qu’un homme n’ira pas acheter le rose de lui-même. C’est pour ce type d’injustice que cette journée a été créer !

Puisque je vous parle de rasoir, je vais rester dans la thématique pilaire. Je prends le droit de faire ce que je veux de mes poils. De la tête aux pieds en passant par toutes les zones entre les deux. Biologiquement hommes et femmes n’en ont pas la même densité. Ok. Mais est-ce une raison pour faire de la femme un objet imberbe et l’homme un animal velu ? Je refuse cette guerre du poil féminin. Ils n’ont pas été mis là seulement pour faire joli moche. Ils ont aussi une fonction protectrice et régulatrice. Contrairement à mes idées zébrées je suis du genre modérée sur le sujet. Je ne pratique ni la jachère totale, ni le désherbage intensif. Et j’apprécierais qu’on respecte mon droit de pilosité. Là, où l’on demande à la femme de plus en plus de travail (et de souffrance au passage), la tolérance envers l’homme est de plus en plus grande. Sous prétexte de virilité, nous côtoyons de plus en plus de masculinité négligée.

Dans les contraintes corporelles que j’ai aussi rejetée, il y a celle du soutien-gorge. Bien que remplissant difficilement un bonnet A, à l’adolescence, je me suis confortée à l’usage de ce vêtement. Habitude prise et puis gardée. Jusqu’au jour où ce corset moderne m’a blessé. J’ai du l’ôter quelques jours pour cicatriser. A peine remise que j’ai été retouchée. Alors j’ai tout jeté. Cela fait maintenant plus d’un an. Et si les premiers moments on été déstabilisants, j’ai vite su apprécier cette nouvelle liberté. L’arrivée des beaux jours et des vêtements légers, a été aussi, je l’avoue, un cap à passer. Mais aujourd’hui tout cela semble appartenir à un lointain passé et je n’en ai aucun regret. J’use donc en tout sérénité de mon droit aux seins libérés.

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Sois belle et tais-toi. Il faut souffrir pour être belle. Le masculin l’emporte sur le féminin. Garçon manqué… Autant de douces paroles que l’on entend au quotidien. Et encore celles-ci sont réellement douces par rapport à ce qu’il est courant de recevoir. C’est donc en toute logique, je finis par le titre, Etre une femme libérée, c’est pas si facile. Partagée entre ce qu’on est, ce qu’on aimerait être et ce que la société exige que l’on soit, l’équilibre n’est pas si facile…

C’est pour ça qu’il est important qu’aujourd’hui soit la la journée internationale des droits des femmes et non la journée d’la femme.

Femme libérée – Cookie Dingler / Parolier.e.s : Christian Dingler et Joelle Kopf

Elle est abonnée à Marie-Claire
Dans l’Nouvel Ob’s elle ne lit que Bretecher
Le Monde y’a longtemps qu’elle fait plus semblant
Elle achète Match en cachette c’est bien plus marrant

Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile

Au fond de son lit un macho s’endort
Qui ne l’aimera pas plus loin que l’aurore
Mais elle s’en fout elle s’éclate quand même
Et lui ronronne des tonnes de « Je t’aime »

Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile

Sa première ride lui fait du souci
Le reflet du miroir pèse sur sa vie
Elle rentre son ventre à chaque fois qu’elle sort
Même dans « Elle » ils disent qu’il faut faire un effort
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile
Elle fume beaucoup elle a des avis sur tout
Elle aime raconter qu’elle sait changer une roue
Elle avoue son âge celui de ses enfants
Et goûte même un p’tit joint de temps en temps
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile

Merci à toi lecteur.rice qui m’a lu jusqu’au bout. J’espère que cet article aura (r)éveillé en toi ta fibre féministe. Du moins celle humaniste. Et n’hésite pas à faire par de tes pensées sur le sujet.

Merci à toi lecteur.rice qui m’a lu jusqu’au bout. J’espère que cet article aura (r)éveillé en toi ta fibre féministe. Du moins celle humaniste. Et n’hésite pas à faire par de tes pensées sur le sujet.

Complètement zébrée…

La question du jour est complètement barrée, puisqu’il est question de zèbre. Pas l’animal sauvage des savanes mais ça version humaine bien plus urbaine. Enfin en théorie. Car le zèbre humain semble un brin sauvage aussi. En tout cas pas forcement aisé à apprivoiser.

La définition du zèbre « humain » fait débat. De façon simpliste le zèbre est une personne « surdouée » intellectuellement et émotionnellement. Ce qui paradoxalement le rend souvent inadapté à notre vie en société. Mais le terme de « surdoué » n’est pas vraiment adapté. Peut-être que « surdéveloppé » serait plus juste. Le zèbre est une personne hors normes. Et sortir de la normalité n’est pas forcément une qualité dans notre troupeau d’homo sapiens. Et ce sur-développement touche aussi bien atouts que faiblesses.

Pour ceux que le concept intéresse, je vous mets en fin de billet quelques liens qui pourront vous éclairer sur le sujet.

Revenons à nos moutons, nos zèbres, notre question. Le sujet m’avait bien déjà traversé l’esprit et questionnée légèrement mais je l’avais pris plutôt à la légère sans vraiment me l’approprier. Alors si je reviens dessus aujourd’hui et que je prends le temps et la peine de poser ma réflexion ici c’est qu’une personne m’a clairement, et sérieusement posé la question : Es-tu zèbre ? Autant vous dire de suite que pour cette personne ce n’était pas du tout un faire-valoir mais plutôt un faire-fuir. Je pense d’ailleurs que ce concept à tendance à rapprocher les zèbres entre eux mais à les éloigner encore plus du reste de leurs congénères sans rayures. Ce qui, de mon point de vue, n’est pas vraiment constructif. Alors, par réflexe, j’ai tenté de démontrer que non. Sauf que… plus j’y pense et moins j’arrive à me convaincre moi-même… Du coup, depuis, je cogite. Suis-je zébrée ?

zebre

Le terme de « surdouée » ne me parle pas personnellement. Pourtant, depuis que j’ai ouvert le dossier zèbre dans un coin de ma tête, les souvenirs remontent et il semblerait qu’ « on » est déjà tenté de m’apposer cette étiquette par le passé. Le truc, c’est que mes parents ont toujours refusé de me coller des étiquettes : pas besoin de ça pour avancer dans la vie ; ça pèse plus que ça ne te porte. Et je n’ai jamais eu à déplorer leur vision des choses. J’ai déjà parlé de leur refus de l’étiquette « handicap » à mon sujet. Apparemment il en a été de même avec la question « surdouée » où ils ont décliné les tests de QI quand il a été question de me faire sauter une classe. Ce que j’ai refusé, car j’y voyais plus d’inconvénients que d’avantages. Et mes parents, qui avaient souhaité prendre en compte mon avis sur cette proposition, ont respecté mon choix. Le sujet a donc été abordé, réfléchi et clos.

Le reste de ma scolarité n’a d’ailleurs pas brillé au point de se poser la question de rouvrir le débat. J’étais plutôt dans le groupe de tête à l’école mais peu souvent « la » tête. J’ai pu être très douée dans une matière et très nulle dans une autre. J’ai aussi pu être aussi (très) douée et (très) nulle dans la même matière, en alternance j’entends. En fait cela dépendait pas mal du contexte (motivation, prof, relation amicale). Par exemple, j’ai eu un mal fou à apprendre à lire. Il a fallu qu’on me propose une autre méthode d’apprentissage (une basée sur la logique et non sur le par cœur) pour que je « décoince » totalement en quinze jours. Et à partir de ce moment-là, je n’ai plus lâché les livres. A l’inverse, j’ai découvert la trigonométrie lors d’un séjour en Angleterre. Mon niveau dans cette langue était alors catastrophique (et toujours pas fulgurant aujourd’hui) et la notion mathématique totalement inconnue car au programme des classes supérieures à la mienne à cette époque. Pourtant, j’ai « choppé » le truc sans soucis et pris plaisir à les approfondir, jusqu’à ce que l’on rentre quelques années plus tard dans des concepts et ensembles à proprement parler Irréels.

Pour ceux qui sont familiers de l’idéologie zèbre, je ne pense pas avoir besoin d’en dire plus. Pour les autres, je vous invite à suivre les liens précédemment évoqués. Ce que je peux quand même vous dire c’est que les éléments et événements que je vous présente sont de dignes symptômes du zèbre : grande motivation, grande capacité ; faible motivation, capacité désactivée, parcours fluctuant, besoin de comprendre pour apprendre, logique avant tout mais émotions en corrélation permanente, intérêts variés et variables…

Comme je le disais le « par cœur » n’est pas mon truc. Cela ne l’a jamais été et je ne pense pas que cela le soit un jour. J’aurais tendance à dire que je n’ai pas une bonne mémoire. Et pourtant, mes souvenirs les plus anciens remontent à mes deux ans ; ce qui apparemment est assez inhabituel (je précise, pour ceux qui douteraient, que se sont des souvenirs sans photos, et non partagés par des personnes qui auraient pu me les faire intégrer plus tard). Et puis, il y a certaines choses que je mémorise très bien, comme les sensations. J’ai une très bonne mémoire visuelle, olfactive, tactile, kinésique. Bonne mémoire aussi des choses, des lieux, des idées. Par contre, mémoire des gens, des noms, des mots : flop total. A bien y réfléchir ma mémoire n’est pas mauvaise, elle est juste sélective. Proportionnelle à mon intérêt. Ainsi, si je m’en tiens au profil du parfait petit zèbre, j’y réponds une fois de plus. C’est juste qu’une des caractéristiques se fait quelque peu écraser par une autre plus fortement marquée chez moi.

Je reviendrais bien sur la question des surdoués mais cela ferait un peu décousu… Tant pis. Pour ce billet, c’est pas grave. C’est même dans le thème. logique. Je vous dirais plus bas pourquoi. Je disais donc, enfin je voulais vous dire, vous préciser, que si je ne me suis jamais sentie surdouée je pense que c’est aussi lié à mon environnement. En y repensant, (ce que je fais beaucoup en ce moment) ; enfin je pense souvent beaucoup mais là le souvent est surtout relatif aux zèbres. Bref, je prends conscience que j’ai toujours été entourée de personnes qui l’étaient bien plus que moi. Surdouées je veux dire. Les étoiles ne brillent que la nuit parce que la nôtre, qu’est le soleil, sait se rendre bien plus visible. Mais là, je pars du principe que j’ai été surdouée. Est-ce que ça s’arrête ? Je ne crois pas. Est-ce que ça veut dire que je le suis encore ? En fait, ce que je voulais vous dire, c’est qu’il parait que les zèbres s’attirent. Du coup, si je suis un zèbre, j’ai dû rechercher et côtoyer d’autres zèbres sans le savoir. A mon avis il ne le savaient pas eux non plus ; que j’étais zèbre et qu’ils l’étaient aussi. Et que nous le serions toujours. Peut-être que je suis un petit zèbre dans un troupeau bien plus zébré que moi. Comme les étoiles. Je brille mais moins fort, ou plus loin, que mes voisines. Car la perception des étoiles c’est une question de distance pas d’intensité, enfin principalement, mais là j’ai plus en tête une notion d’intensité que de proximité. Donc la métaphore de l’étoile n’est pas juste. Mais pas fausse non plus car elle permet, je pense, d’éclairer d’illustrer le sujet. Alors serais-je un petit zèbre qui en côtoie de plus grands ?

Je vous ai perdus ? Désolée. Enfin, j’avais prévenu que cela risquait d’être décousu. Cette manière de faire, d’écrire, de penser surtout, que je vous laisse apercevoir sur les lignes précédentes est aussi une caractéristique du zèbre. C’est le principe de la pensée arborescente. Je crois que c’est le point zèbre qui me parle le plus. Celui où j’ai immédiatement dit : »ah, oui ! Ça c’est tout moi. » et que je n’ai jamais remis en question. Alors que j’ai une grande tendance à la remise en question. De tout y compris de moi-même. Bref, avec ma pensée arborescente, je suis sur une idée ou une question, qui me conduit à une autre réflexion, qui me fait penser à autre chose. Je reviens sur la première puis la troisième. J’associe la seconde et la troisième, ce qui me mène à une autre pensée. La quatrième me rapporte à la une puis la deux et la trois. J’ai oublié ce qu’était la quatre. Mais je suis passée sur une cinquième. La quatre est revenue ! Elle fonctionne bien avec la deux. Voilà donc la sept. Car oui, il y a eu une six entre-temps. Vous êtes de nouveau perdus ? Je comprends. Je me perds parfois aussi dans mes pensées. Combien de fois m’a-t-on dit que je passe du coq à l’âne !!! J’ai aussi une mémoire de poisson rouge. C’est logique pour un zèbre : bonne mémoire suivant l’intérêt. L’intérêt varie, la pensée aussi. Donc la pensée d’il y a quelques secondes n’est déjà plus intéressante et sortie de l’esprit. Jusqu’à ce qu’elle revienne. Mais entre-temps on l’avait oublié. Revenons à notre âne. Enfin notre coq. Ce qui semble incongru pour mon interlocuteur est en fait totalement logique pour moi. Tout le parcours de mes pensées n’a pris que quelques secondes. La personne avec qui je parle est toujours avec le coq que j’ai visité toute la ferme. Alors oui j’en suis à l’âne, là. Des fois, j’essaye d’expliquer mon raisonnement, des fois je laisse juste couler et parfois aussi je m’agace que l’autre ne m’ait pas suivi. Mais quand je trouve quelqu’un qui est sur la même longueur que moi, j’apprécie ! D’où peut-être le fait que le zèbre s’entoure de zèbres. Ce phénomène explique aussi parfois le fait qu’il manque des mots dans mes écrits. Qu’on me dise que je parle trop vite. Mes doigts courent pour suivre ma pensée et il y a parfois des ratés. Mes moyens de communication ne sont pas assez performants pour suivre ma pensée. En contre-partie, écrire m’aide à canaliser mes pensées ; me force à ralentir le rythme. A me poser. D’où ce blog.

Je disais Parfois aussi je m’agace. Autre point caractéristique du zèbre. L’impatience et la frustration qu’elle engendre. Pas besoin de vous préciser que si je reviens sur ces petits mots, c’est que c’est le jackpot pour moi sur ces deux points-là. Et ça, je ne pense pas avoir besoin de préciser que ce n’est agréable ni pour le zèbre, ni pour celui qui le côtoie. Mais je me soigne et je m’améliore pas trop mal.

Entre pensée arborescente et impatience, le zèbre a tendance à être multi-tâche et insupportable. Il est vrai que, souvent, une seule activité m’ennuie. Il m’est rarement possible de regarder la télé sans rien faire d’autre. J’ai souvent besoin d’avoir les mains ET l’esprit occupés en même temps. A l’inverse, j’ai une capacité d’imagination et d’auto-réflexion qui peut m’occuper fortement et longuement : étudiante, je bossais l’été en usine. Travail à la chaîne, de nuit, dans le bruit. Comprendre aucun intérêt intellectuel, aucune réflexion nécessaire et aucun moyen de communiquer avec son/sa collègue. Bref, de quoi bien se faire ch***. Et pourtant certaines nuits, je n’ai pas vu les 8 passées, en étant selon l’expression « perdue dans mes pensées ». Même si pour moi « en voyage dans mes pensées » serait plus congruent.

Cette capacité imaginative mène souvent l’enfant zèbre à avoir des compagnons de jeu imaginaires. J’avoue ne pas avoir souvenir de ça. Mais j’avais deux doudous qui étaient des amis, pour moi, bien réels. En contrepartie, l’enfant zèbre a plus de mal à se socialiser avec des congénères de son âge. Il préfère souvent la compagnie des personnes plus âgées. Et là, je dis double-check. Malheureusement. Car se sentir en marge de la société, de son groupe communautaire, de son troupeau dirais-je, n’est agréable pour personne je pense. C’est un peu l’histoire du vilain petit canard. Tu ne te sens pas à ta place, peut-être parce que ce n’est pas vraiment la tienne. Enfant, j’ai toujours apprécié de passer du temps avec les adultes. Adulte, je me connecte bien mieux avec les personnes plus âgées que moi. Cela se constate d’ailleurs encore aujourd’hui au regard de mon entourage. J’ai la sensation plaisante de m’enrichir auprès de ces personnes aux connaissances et au vécu plus consistants que les miens. Et j’ai encore bien trop régulièrement la sensation d’être un éléphant dans un magasin de porcelaine.

elephant dans un arbre

Le plaisir de s’enrichir… Intellectuellement, on s’entend. C’est un grand moteur chez moi. J’aime apprendre. J’aime découvrir. Alors forcément cela se traduit par une nature curieuse et pleine de questions. Des questions… J’en ai un nombre infini ! Si vous vous demandiez pourquoi ce nom de blog, voila surement une des réponses.

La curiosité, l’imagination, la logique propre à tout équidé rayé mène tout droit à l’expérimentation ! Une question ? une idée ? Forcément faut tester… Il parait que le zèbre aime ça. Et qu’il a parfois « l’esprit tordu« . Autant vous dire quand écrivant ces mots là, j’ai le sentiment d’être bien zébrée. L’age venant, j’ai appris à être plus raisonnable et plus prudente mais mes plus grosses bêtises viennent d’expérimentation. Car souvent parfois l’expérimentation tourne mal… La dernière claque que ma mère m’a donnée est d’ailleurs le rebond d’une mauvaise expérience. J’avais 16 ans. Pour ma part c’était expérimental et logique. Je voulais vérifier si ce que l’on m’avait dit était vrai. Bah, c’était faux. Ou pas suffisamment vrai. Pour ma mère c’était déjà étrange de s’interroger sur ce genre de chose alors c’était encore plus stupide d’aller vérifier. Mais pour toi, enfin pour moi (mais oui aussi peut-être pour toi) c’est juste évident qu’il fallait le faire. Aujourd’hui encore je pense que je serai capable de le refaire si je ne l’avais pas déjà fait. Par contre, c’est le genre de moment où tu te dis vraiment que tu n’es pas câblée comme les autres… Et c’est là où les autres se disent aussi que t’es pas câblée « normalement » et que les deux parties pâtissent de certaines difficultés de cohabitation. Peut-être alors que d’être identifiée zèbre permet dans ces cas-là d’apporter un peu de compréhension mutuelle.

La logique, je vous l’ai placée sans vraiment m’y attarder. Mais c’est surement l’un des points incontournables de tout zèbre qui se respecte. Même si la logique du zèbre n’est pas forcément celle des autres, y compris comparativement à un autre zèbre. En cela, je me suis décrite il y a peu en disant : j’ai de la logique mais je ne suis pas 100% logique. Phrase qui peut paraître assez illogique mais qui parlera surement aux zèbres. La logique est intrinsèque aux zèbres. Ils l’aiment et en ont besoin.

C’est là où ça se complique. Notamment pour la vie en société et le respect des règles. Le zèbre respecte les règles tant qu’elles sont logiques. Ce qui est malheureusement loin d’être systématiquement le cas. Ce qui fait que le zèbre a souvent des problèmes avec l’autorité. L’animal zébré étant, pour faire un petit rappel, le seul équidé que l’homme n’a su domestiquer. Et là, je plaide coupable. Totalement coupable. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai été traitée de rebelle. Ce n’est pas pour me donner un genre, c’est réellement dans ma nature. Si la règle est logique pas de problème, si elle ne l’est pas… Aïe !!! Sur ce point-là, je suis totalement… zébrée. Et puis à l’inverse les gens qui ne respectent une règle logique (de mon point de vue) cela me hérisse le poil. Comme quoi je ne suis pas rebelle par principe mais par conviction. Dans les traits de caractère du zèbre on signale également un sens fort de la justice, de l’équité et de la morale. Et une certaine intolérance vis-à-vis d’un manquement à ces égards aussi. Mais tout ça c’est de la logique…

Et tout aussi logisuement, nous arrivons sur un autre problème du zèbre : il est souvent dans les extrêmes. D’où parfois ce problème d’intolérance. C’est souvent noir ou blanc. La nuance est difficile. Le zèbre est « hyper« . Hyper-exigeant, hyper-sensible, hyper-réactif, hyper-chiant. Hyper-tout en fait. Stricto sensus, « hyper » veut dire : au-dessus / au-delà. Donc à défaut de taper dans les extrêmes, le zèbre est la plupart du temps, et à minima, hors moyenne. Ça marche évidement aussi bien dans les directions positives que négatives puisque de toutes manières, elles se rejoignent (plus impatient donne logiquement moins patient).

De nouveau, je vais dire « malheureusement », car là encore je m’y retrouve aussi beaucoup. Combien de fois ne m’a-t-on pas dit « mets de l’eau dans ton vin », « la vie n’est pas qu’en noir et blanc » ? Combien de fois n’a-ton pas cherché à me tempérer, à me faire revenir dans la moyenne ? Cette moyenne qui m’ennuie tant… Car oui, encore une fois, je reconnais et me reconnais dans les hypers. J’en suis et j’en ai besoin. Le temps adoucissant les angles, je m’adoucis mais la routine continue de me frustrer. J’ai besoin d’intensité, de contraste. J’ai effectivement longtemps vu la vie en noir et blanc. Aujourd’hui, je peux y mettre quelques teintes intermédiaires, genre gris anthracite ou blanc perlé… Sérieusement, le gris souris m’endort toujours. Alors j’ai appris à trouver des alternatives : un rose fuchsia, un jaune soleil ou encore un bleu cyan. Ok, on n’est toujours pas dans la demi-mesure mais ça rajoute quand même des nuances. Non ?

J’ai appris aussi à prendre du recul. A ne pas prendre tout personnellement. Car le zèbres est également altruiste, compatissant et empathique. Sauf que son coté extrême peut aussi le pousser à tomber dans la sympathie voire dans la contagion émotionnelle. Ce qui me fait vous dire, sans surprise, que je suis une véritable éponge émotionnelle et que c’est loin d’être facile à vivre. Du coup, pour me protéger, j’ai tendance à mettre une certaine barrière avec les autres. A ce titre je ne peux me qualifier d’altruiste. Au contraire j’aurais tendance à faire dans l’égoïsme. Par instinct de protection. Poussé à l’extrême, pour changer…

Dans les qualités qui peuvent tourner aux défauts, le zèbre est également un grand lucide. Ce qui fait de lui une personne souvent en proie au doute, empreint de la peur de l’échec, car il connait les risques et les limites. Il n’est pas tendre avec lui-même, car sa lucidité le rend critique. Par équité, il traite les autres comme lui-même et n’est donc pas forcément tendre avec son prochain non plus (compassion vs pitié). C’est donc souvent un angoissé, un perfectionniste et par glissement un éternel insatisfait. En fait, c’est à la fois un réaliste et un idéaliste. Certains diront un chieur et ils n’auront pas forcément tort. En tout cas (ou presque), le zèbre est quelqu’un qui souffre d’un fort manque de confiance en soi. Pour ma part le doute est très présent, le manque de confiance aussi. Et le coté chieur reconnu (quand on se saoule soi-même, il est difficile de le nier). Mais le travail sur moi fait les années précédentes m’a permis de fortement lâcher prise sur la perfection. J’ai appris que l’échec fait partie du processus de réussite et le gère beaucoup mieux. Il paraîtrait même que je suis beaucoup moins chieuse qu’avant. Pour cela je dis merci à l’hypnothérapie.

J’aurais encore de quoi parler longtemps car la liste des caractéristiques est loin d’être finie. Je pourrais encore vous faire de nombreuses passerelles entre le zèbre et ma petite vie, comme le fait que je sois gauchère (cerveau droit plus développé), OPC (intérêt et de capacité à résoudre les problèmes), architecte (créativité, logique, altruisme, idéalisme, réalisme…), qu’en 10 ans de vie professionnelle, j’en suis à mon troisime metier, que j’écrive ce blog (en plus du questionnement permanent, il y a le plaisir des mots, du mot juste, du jeu de mots),que j’ai une tendance asociale, une certaine difficulté avec le second degré, un sens porté sur le détail… Mais il est grand temps que je m’arrête car je pense en avoir déjà perdu plus d’un en route.

zèbre

Alors suis-je zébrée ? Oui. Suis-je un zèbre ? C’est possible probable. Certains me demanderont peut-être si je ferai les démarches pour en être sûre ? Je crois que non. Je suis ce que je suis et quoiqu’il en soit je le vis plutôt bien. Aujourd’hui en tout cas. Je ne ressens pas le besoin d’une étiquette pour être mieux acceptée ou mieux m’accepter moi-même. Découvrir et intégrer ce concept me suffit pour prendre conscience d’une part de moi-même et m’aider à poursuivre mon évolution personnelle positivement. Il y a juste une petite lueur de curiosité zébrée au fond de mon esprit qui ne me fera jamais dire jamais.

Pour ceux qui sont arrivés jusque-là, n’hésitez pas à me faire part de vos retours sur le zèbre en général, ma zébritude ou, mieux encore, la votre.

Et comme convenu, les petits liens pour en savoir plus :
zébra-crossing
zébrattitude
L’Express
psy.be
Les vendredisintellos
Jeanne Siaud-Facchin et ses livres

Les petits bonheurs de février 2018

Les petits bonheurs du quotidien. Acte II : Février. 28 jours ; 28 bonheurs. Dans l’ordre à peu près chronologique.

Alors qu’est-ce qui m’a donné le sourire ce mois-ci ?

  1. Etre payée. Ça peu être surprenant mais ma boite a des finances plus que fragile. Ce mois-ci la banque a bloquée les salaires. Bon ca a été résolu en quelques jours mais ça fait du bien quand le suspens s’arrête.
  2. Se faire belle. Pour soi et pour un autre.
  3. Un weekend, des photos. Pour les projet52 mais aussi pour une amie.
  4. Se réjouir des 3 petits flocons qui tombent sur Toulouse. Alors que la moitié de la France croule sous la neige. Je dois me contenter de ce petit extrait. Mais je l’apprécie déjà pleinement.
  5. Faire une méga cession ménage en musique et donc en dansant. Le plaisir de rendre agréable l’utile.
  6. Recevoir une carte de voeux et y lire un petit mot attentionné qui me correspond bien.
  7. Rentrer très tard du boulot. Mais juste parce que t’es restée papoter avec une collègue.
  8. Une matinée enneigée. Plus que les trois flocons précédemment, un vrai paysage blanc et de la neige qui tourbillonne ! Plus qu’un petit bonheur : un moment d’euphorie, de régression totale. J’ai pris le chemin des écoliers. Normal j’avais 5 ans
  9. Avoir et profiter d’une souplesse d’horaires de travail. Ainsi j’ai pu arrivée avec 2h30 de retard sur mon heure officielle pour aller me balader sous la neige et mon patron m’a juste trouvée courageuse d’avoir été errer par un temps pareil.
  10. Rentrer chez soi à vélo en longeant la Garonne à l’heure où les couleurs du ciel sont tendres et se reflètent sur le fleuve.
  11. Suivre les JO et ressentir tensions et émotions par plaisir du sport et fraternité nationale. Etre heureux pour ces médaillé.e.s qui vivent les moments les plus intenses de leur vie.
  12. Reprendre le vélib pour les sorties en ville.
  13. Aller voir « En toute amitié » (avec des copines évidement) au 3T (café-theatre toulousain). Et rire pendant 1h30. Ça, c’est un vrai moment de pur bonheur.
  14. Apprécier les vacances scolaires. Même si ca ne me concerne pas directement. C’est moins de monde sur la route. C’est aussi l’époque des enfants chez les grands-parents et donc des copines-mamans plus dispo pour sortir.
  15. Retrouver des sensations de quand j’avais 15 ans.
  16. Revivre en mode, j’ai 20ans mais avec les avantages d’en avoir 30.
  17. Faire de nouvelles rencontres. Parfois éphémères mais toujours intéressantes.
  18. Sortir de ma zone de confort. Encore.
  19. Manquer de sommeil au boulot. Et non pas à cause du boulot comme cela a pu m’arriver auparavant mais juste parce que j’ai profité du moment présent.
  20. Résigner pour un an. Même si… cf point 1. Le prendre comme l’élément positif qu’il est et ne pas se prendre la tête sur sa fiabilité.
  21. Voir la nature qui commence à refleurir. Ça sent le printemps !
  22. Acheter une couette chaude ++ et dormir dessous comme un bébé. Et oui malgré les premières fleurs c’est encore l’hiver.
  23. Revoir le soleil et le ciel entièrement bleu quelques jour d’affilée après plusieurs semaines de temps breton gris et humide
  24. Avoir une insomnie et avoir quelqu’un pour tchater au milieu de la nuit !
  25. Ne faire qu’une demi-nuit et s’apercevoir qu’on a paradoxalement un sourire jusqu’aux oreilles et une d’énergie considérable le matin.
  26. Prendre du recul un instant sur le moment de vie présent et réaliser qu’on est juste heureuse. Et que ce sentiment semble se développer revenir bien fréquemment qu’avant…
  27. Multiplier les déjeuners entre ami.e.s. Allier plaisir avec plaisir.
  28. Avoir le sentiment d’avoir eu une vie très intense ce mois-ci. En rythme, mais surtout en émotions !

Et vous ? Vos petits ou grands bonheurs du mois ?

Projet(s) 52 #6

Vous avez dit café ?

Généralement je décline poliment. Mais j’ai souvent l’impression que décliner un café (ou un thé) est en soit une impolitesse… Bref, cette semaine je m’y colle pour faire plaisir à Ma’ et puis parce qu’il s’agit de le photographier et non de le boire.

J’ai trouvé une parade : j’ai choisi un café qui fait surtout du thé et des pâtisseries à tomber (rien que d’y penser je sens que je vais rêver de leur tarte choco-framboise). J’ai choisi le Flower’s café. Comme vous pouvez le voir même par -5° la terrasse est bondée. La réputation de cette adresse toulousaine n’est plus à faire. Elle fait partie de mes préférées, alors, si vous passez par-là n’hésitez pas à vous arrêter.

Chez Milie, il était question de chemin. Curieu.ses de savoir lequel j’ai emprunté ?

Bon, si vous vivez dans la ville rose, il ne vous aura pas échappé que jeudi matin c’était plutôt ville blanche. J’ai donc pris le chemin des écoliers. Cela n’arrive que très rarement. Qu’il neige à Toulouse je veux dire. Enfin pour le chemin des écoliers c’était aussi une première, je suis du genre plutôt sérieuse d’habitide. Sauf que ce matin-là en découvrant ce paysage tout blanc, j’ai juste eu envie d’en profiter. N’ayant rien d’urgent et un patron plutôt cool sur les horaires, j’ai envoyé un message pour prévenir de ma non-arrivée et je suis partie me balader ! C’est ce que j’appelle vivre l’instant présent et que je m’applique à savourer. Un peu moins de 10km et 2h30 plus tard, je suis quand même aller bosser :

Ça, c’est la photo que j’ai instagramée pour le chemin du projet 52 de Milie. Mais à la base je voulais vous imager le chemin de Compostelle qui traverse Toulouse et que j’ai côtoyé lors de mon année en Galice. Bon, je voulais aussi photographier une goutte de café s’étalant dans la tasse mais je n’ai pas réussi. La goutte. Je n’ai pas réussi la photo de la goutte. Pour le chemin de compostelle, j’avais ces deux-là :

En fait le thème complet, c’était « sur le chemin ». Sur le chemin, cette semaine, il y avait de la neige… Et des coquilles.

Au départ pour le café, j’avais aussi pensé à ça :

Parce que pour du café… What else ?

Mais ca faisait trop de mondialisation cette semaine. Car, si y’a bien une franchise qui fait tilt pour associer chemin et café, c’est Starbucks. Et comme ils viennent de s’installer à Toulouse, on commence à voir des gens cheminer avec leur café à la main. Dans mon esprit enfantin, c’était réservé au cliché New-yorkais. Apparemment, le toulousain assimile bien la diversité culturelle. Sur le chemin maintenant il y aura du café !

Photo volée donc photo flouée… Désolée.

Cette semaine, j’ai comme eu du mal à choisir. Un bon café m’aurait peut-être aider à prendre un chemin plus direct. Mais voilà, deux mots, deux questions mais de multiples solutions.